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lundi 31 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
lundi 31 décembre 2007 à 21:37 dans Journal
Finalement, je ne résiste pas... Je ne voulais pas commenter les voeux de Nicolas Sarkozy pour ne pas finir l'année en étant moi aussi le gogo, qui commente, qui suit, et qui en fin de compte obéit.
Pourtant. J'ai vu cette intervention de Berlin, sur France 24 où elle était présentée comme une manifestation de la "rupture", d'un nouveau style, plus proche des Français, plus spontané au motif que la diffusion se faisait en direct. Ce qui nous fait une belle jambe, si j'ose dire, et qui ne change quelque chose que pour Sarkozy lui-même, obligé à une concentration très grande pour lire son texte sur son "prompter". Ce qu'il a très bien fait, nul ne contestera à NS de mettre tout son art à bien maîtriser les médias.
Deux parties dans l'intervention. L'une, compassée et compassionnelle à souhait : s'adresser à tous les Français, ceux qui préparent la fête, ceux qui travaillent pour les autres ce soir, ceux qui sont seuls.. Rien d'autre que ce que nous avons entendu de tous les chefs d'Etat dans tous les pays du monde. J'attendais, puisqu'on nous avait annoncé une "rupture" qu'il parle de ceux qui le regardait en prison, de ceux qui ne regardaient pas parce qu'ils étaient dans la rue, des paumés de chez paumé, des extra-pauvres, des épuisés ... Non, comme tous les chefs d'Etat dans tous les pays , il s'en est tenu aux isolés et aux affligés "ordinaires". Qu'on ne se méprenne pas sur cet "ordinaire", je connais la mesure de cet isolement-là et de cette affliction-là. Seulement, il n'a pas transgressé les limites décentes du malheur.
Deuxième partie : un discours de candidat. Un bon discours, plein de promesses non-concrètes, d'injonctions à croire, d'explications sur la méthode, le sens, la direction... Et aussi de mise en évidence de sa personne et de son rôle si, par chance, on venait à l'élire : je ferai, je dirai, je ne tromperai pas, je ne trahirai pas... Je, Je, Je.
Normal, c'était ses voeux. Normal, et pourtant, il manquait ce parfum de rupture dont il veut (dont il a voulu serait plus juste) être porteur. Le discours était peut-être "en direct" mais il était formidablement convenu.
Au pouvoir, aurions-nous fait mieux ? J'ai cette faiblesse de toujours m'interroger là-dessus, mais de ne pas savoir toujours me répondre. Ici, pourtant, il me semble ... La matière en tout cas ne manque pas.
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dimanche 30 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
dimanche 30 décembre 2007 à 22:11 dans Journal
Pour prolonger le débat bien entamé à la suite des billets précédents, j'essaye d'extraire de ma mémoire une histoire qui m'a fait beaucoup rire, il y a quelque 25 ans...
Nous sommes en pleine crise pétrolière. L'Allemagne déplore le nombre élevé de ses chômeurs, la panne de la croissance, le pouvoir d'achat qui flanche... Vous voyez facilement le tableau. Le chancelier socialiste Helmut Schmidt (1974-82) veut marquer fortement l'opinion, et peut-être -qui sait ?- la détourner un peu de ses difficultés quotidiennes. Je pense que vous voyez toujours facilement...
Il convoque la presse au bord du Rhin, dans la capitale d'alors, Bonn. Les médias sont rassemblés, un peu surpris de cette convocation inopinée et inexpliquée. Rang de ministres le long de la rive. Helmut Schmidt arrive, donne quelques poignées de mains et, sans autre forme de procès, s'engage et marche sur les eaux. Arrivé au milieu du grand fleuve, le Rhin est large et majestueux à Bonn, il rebrousse chemin (si l'on peut dire), reprend sa marche sur les eaux et rejoint la rive.
Quelques poignées de mains encore, il remonte sans mot dire dans une Mercèdes noire ; le vice-chancelier Genscher s'engage dans sa roue, suivi des ministres, laissant le public médusé sur la rive, et les médias en proie aux affres de leurs engagements journalistique ...
Titres le lendemain dans la presse allemande :
Frankfurter Allgemeine (= "le Figaro") : "Crise en Allemagne : comme d'habitude, le Chancelier évite de se mouiller". On imagine la suite des commentaires : pas un mot des vrais problèmes, le Rhin ne résume pas à lui seul l'ampleur des difficultés du pays...
Bild (= "Match", mâtiné de "Gala") : Helmut Schmidt à deux doigts de se noyer. Sa femme et sa fille en pleurs". Photo des deux dames, prise à l'enterrement d'une tante éloignée, le tout sous un titre sur cinq colonnes "Bonn : le drame !".
Stuttgarter Zeitung (mi-chêvre, mi-chou, comme qui dirait Bayrouïste d'outre-Rhin) : "Schmidt marche sur le Rhin, mais fait demi-tour à mi-chemin !". Commentaire : oui, c'est pas mal, on n'a pas vu ça depuis longtemps, mais quand même, c'est bien du Schmidt de ne pas finir l'ouvrage et de s'arrêter en cours de route....
Passauer Neue Presse (="La Croix", en beaucoup plus vaticaniste, pardon pour "La Croix") : "Les eaux du Rhin s'ouvrent devant Schmidt !"
Frankfurter Rundschau (de gauche, pour contrebalancer l'autre Frankfurter) : "Schmidt : c'est possible !__". Commentaires : la volonté du chancelier a triomphé des prévisions pessimistes. On croyait l'Allemagne proche de sombrer. Le chancelier démontre au contraire sa capacité à garder la tête hors de l'eau...
Si il y avait une vraie presse d'opposition en France, je vous aurais raconté l'histoire version Sarko marchant sur le Nil...
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samedi 29 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
samedi 29 décembre 2007 à 22:03 dans Journal
Je lis avec un intérêt particulier un chapitre du livre de Ségolène Royal "Ma plus belle histoire, c'est vous". Le titre n'est pas mon favori, remake tronqué d'une merveilleuse chanson de Barbara "Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous" que j'ai encore dans l'oreille rien qu'à écrire ces mots. Mais le livre lui-même est intéressant.
Le chapitre en question a trait aux sondages, à leurs questions inductrices de réponses, mais aussi à de nouvelles agences qui ne s'adressent plus à "un panel représentatif" mais à des interlocuteurs recrutés, payés et disponibles pour ce qu'on attend d'eux. C'est le cas d'une agence "OpinionWay", largement mise à contribution pendant la campagne présidentielle et depuis lors.
Replaçons-nous au moment du débat d'entre deux tours entre Ségolène et Sarkozy. Les jeux étaient pratiquement faits, l'enjeu était pourtant de montrer la capacité de la candidate, et la réalité de ce qu'elle portait. Je l'ai écouté, avec un certain nombre sans doute des lecteurs de ce blog, à la salle Son Tay, où Jacques Respaud avait eu la bonne idée de réunir les militants et sympathisants socialistes qui avaient plaisir à se retrouver et à discuter ensuite.
Le débat a été incontestablement à l'avantage de SR, malgré une colère un peu longue qui l'a désservie. Des sympathisants de droite m'ont dit simplement qu'ils l'avaient trouvée bonne et que Sarkozy avait à plusieurs reprises été mené, voire décontenancé.
Surprise le lendemain : un sondage d'OpinionWay, envoyé aux médias dans la nuit, proclamait NS plus convaincant sur tous les sujets essentiels, ne laissant à Ségolène que quelques bribes sur les sujets "de proximité" ou "de société". Rien de commun avec ce que nous avions écouté.
Gros titres des journaux, annonces des radios et télé, les uns et les autres embrayant, les chiffres publiés à dessein dans la nuit. Le but était atteint : le public était dérouté, les téléspectateurs de droite se reprenaient et pensaient qu'ils avaient eu tort de douter; ceux de gauche se mettaient à douter : eh, oui, finalement, elle a eu des moments faibles...
Tout ce chapitre est d'une grande justesse. Personne n'a intenté de procès à Ségolène : il n'y a pas matière. Elle ne dit pas qu'elle a été la meilleure, elle montre que cela ne pouvait changer le résultat. Son analyse nous aide à aiguiser, et aiguiser encore notre sens critique, et chaque jour, envers notre équipe, comme envers toute autre, a avoir notre propre jugement.
Quelqu'un que je connais dirait : à rester droits dans nos bottes. Disons, dans nos ballerines ou dans nos baskets...
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vendredi 28 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
vendredi 28 décembre 2007 à 23:16 dans Journal
Je viens de piquer dans le blog de bordeaux-avance une longue citation de Léon Blum que je ne résiste pas à transférer ici. Cela m'est l'occasion de saluer ce blog ami que je recommande à l'attention de tous.
Voici donc la réponse de Léon Blum. Lire la suite
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Par Michèle Delaunay,
vendredi 28 décembre 2007 à 11:21 dans Journal
La "féminitude", malmenée à Paris, est au contraire grandie au Pakistan. Dramatiquement grandie, mais une fois encore c'est le courage des femmes qui vient d'être porté haut. Bénazir Bhutto, dans le journal "Die Welt" évoqué dans le billet précédent, est qualifiée de "femme sans peur", comme était le chevalier Bayard ("Tod einer Furchtlosen Frau").
Il est à craindre, qu'une fois encore aussi, la religion (Al Qaida ?) ne soit pas pour rien dans ce meurtre qui bouscule le fragile équilibre du Pakistan et risque de susciter une avalanche de nouveaux drames. Pourquoi, où que ce soit, personne ne rappelle que le principe même de toute religion devrait être de protéger et de soutenir la vie ? Pourquoi ces meurtres qui disqualifient non seulement ceux qui les commettent mais leur croyance ?
Est-ce qu'il n'y aura que des femmes pour le dire et essayer de l'imposer ? Peut-être est-ce pour cela que les pays de fanatisme tiennent tant à les museler en leur couvrant la tête et la bouche et en leur interdisant l'instruction ?
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Par Michèle Delaunay,
vendredi 28 décembre 2007 à 11:10 dans Journal
Je parcours la presse allemande. "Die Welt", grand journal de droite confirme ma comparaison avec la cour de Louis XIV, en titrant au dessus de la photo de Sarkozy à Louxor "Le petit roi soleil" ("Der kleine Sonnenkönig").
Klein, en effet...
Une raison supplémentaire pour moi de tristesse et d'irritation : cette aventure accrédite l'image de la femme choisie parce qu'elle est belle, séduite parce qu'il est puissant et se conduit comme les riches.
Ma féminitude en est choquée.
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mercredi 26 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
mercredi 26 décembre 2007 à 20:50 dans Journal
J'ai parrainé récemment deux jeunes adultes, tous les deux désireux de participer à notre communauté nationale et parfaitement en mesure de le faire parce qu'ils parlent français et ont tous les deux un métier qu'ils pourront exercer dès le lendemain de leur permis de séjour.
Pour tous les deux, Monsieur le Préfet de la région Aquitaine a statué défavorablement. En ces temps de fête, où l'on célèbre l'esprit d'humanité et l'esprit tout court, j'en appelle à M le Préfet pour qu'il accorde à mes deux filleuls le droit de résider et de travailler en France.
Ci-après le communiqué envoyé à la presse, à la suite de la lettre écrite au Préfet.
Merci à chacun de vous de nous aider et d'écrire au Préfet ou de lui envoyer copie de ce communiqué.
Merci de vos réactions et de votre soutien. Lire la suite
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Par Michèle Delaunay,
mercredi 26 décembre 2007 à 11:40 dans Journal
Se rendant à sa chasse de Rambouillet ou de Cluny, le roi Louis XIV avait l'habitude de distinguer l'un ou l'autre de ses ministres en le conviant à l'accompagner. Départ en grand équipage sous les regards de la cour. La distinction suprême était pour le ministre d'être admis dans le carrosse du Prince et de résider en son château ..
Tantôt c'était Montmorency, tantôt Colbert de Serigny, tantôt Louvois, voire de plus modestes gentilhommes..
C'est aujourd'hui Kouchner, qui après avoir fait office dernière roue de carrosse de la la politique étrangère française, est admis au service de la chaise du roi , en sa villégiature égyptienne.
Autre réminicence princière : on repeint les trottoirs des rues où passera le cortège de limousines, comme autrefois Potemkine faisait construire des villages de carton-pâte sur la route de Catherine de Russie...
Cela quand le choc de société où nous vivons impose l'exemplarité et la rigueur de comportement. Incompréhensible, affligeant. L'autisme sarkozien, le mépris où il tient sa fonction, dépassent la mesure.
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lundi 24 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
lundi 24 décembre 2007 à 21:45 dans Journal
Bon, j'ai promis en fin du précédent billet : passer un Noël sans Sarko et vous raconter une histoire où il ne soit pour rien.
Promis, donc fait, c'est ça la politique, du moins ça devrait...
Donc : j'essaye.
Une interrogation m'a taraudée toute la soirée : pourquoi les oiseaux ne sont-ils jamais associés à l'idée, ni à l'imagerie de Noël ?
L'interrogation m'est venue alors que j'écrivais des cartes de voeux plutôt gentilles (j'aime beaucoup écrire des cartes de voeux) et que les oiseaux se pressaient autour du mini-chalet suisse qui leur sert à la fois de centre social, de resto du coeur et de forum politique. Parce qu'entre nous, ils se mettent parfois des plumées mémorables pour avoir l'avantage en face d'une nouvelle livraison de graines de tournesol.
Donc, revenons à la métaphysique et à mon interrogation de la journée : pourquoi n'y a-t-il jamais aucun oiseau dans le ciel de tous les Bethléem(s) du monde ?
Imaginons un enfant qui pose la question à ses parents...
Réponse d'adulte culturé :
- "Mais mon chéri, parce qu'il fait très chaud en Galilée et qu'il n'y a pas beaucoup d'oiseaux dans les pays chauds ..."
- "Où c'est, Papa, la Galilée ?"
Désarroi de l'adulte culturé... D'abord, il n'est pas bien sûr que ce soit au nord d'Israël, pas loin du célébre lac de Génésareth que tout le monde connait, et puis expliquer Israël, et où est ce fichu lac, à un gamin entre 8 et 12, c'est pas de la tarte...
Heureusement, le gamin sort la tête de sa game boy, et sauve la situation :
-"Est-ce que c'est là qu'elle est née Carla Bruni ?"
Ouf, non c'est pas là qu'elle née, Carla Bruni, du moins d'après ce qu'en dit Closer, voilà au moins quelque chose auquel on peut répondre.
-"Mais non, mon chéri, Carla Bruni, elle est née en Italie, à Turin..."
Donc, pour l'instant nous n'avons pas d'explication. Un autre adulte avance une hypothèse, plus marquée encore au coin de la raison:
- "Mais tout simplement parce que c'est la nuit qu'est né le petit Jesus, et la nuit les oiseaux, ils dorment..."
Pour nous qui sommes des grandes personnes, nous savons que la question n'appelle pas de réponses simplistes, même si elles sont raisonnables. Pourquoi l'esprit, la liberté, la paix joyeuse qu'expriment les oiseaux ne sont-ils pas associés à l'idée de Noël ? Là, est la véritable question.
A la Pentecôte, oui, il y a bien un oiseau qui est censé incarner non seulement l'esprit, mais le Saint Esprit. Mais à Noël : un âne, un boeuf, quelques rois, des bergers, tous animaux et gens sympathiques, mais d'oiseaux, point.
Et pourtant, à la veille de Noël, mes oiseaux, dans un jardin ordinaire d'une ville ordinaire, n'ont jamais été aussi joyeux (gourmands aussi, mais même ça, c'est Noël), disposés à fêter l'éternelle célébration de la lumière et de ce prodige incroyable : les ténèbres n'ont jamais tout à fait raison, et au coeur de la nuit, les jours, bon an, mal an, petit pas à petit pas, année après année, recommencent à grandir...
- "Papa..."
- "Oui, mon chéri..."
- "La Galilée, c'est pas dans coin, à la télé , où tout le monde s'envoie des bombes et personne sait vraiment pourquoi..."
La Galilée, en effet, c'est plus ou moins par là. Les enfants aujourd'hui, ça sait des trucs qu'on s'imagine pas.
Quant à la réponse, nous ne l'avons toujours pas et je crois qu'on ne l'a toujours pas trouvée. On se dispute pour des bêtises, mais les questions vraiment importantes, tout le monde oublie de les poser.
Demain, peut-être... Et alors, les oiseaux, pas si bêtes, pourront voleter autour de la crèche comme autour de ma maison-aux-graines
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Par Michèle Delaunay,
lundi 24 décembre 2007 à 15:49 dans Journal
L'anti-Sarkozy absolu vient malheureusement de mourir. Signe des temps, car même parmi nos écrivains, qui mérite ce compliment entre les compliments ?
Julien Gracq est bien sûr celui-là : amateur de silence, comme d'autres le sont de bruit et d'agitation, d'une discrétion médiatique proche de la règle monacale, préférant la culture, la réflexion et l'intelligence à tous les opposés de ces mots.
Disneyland ? Connais pas ! Jean-Marie Bigard, emmené en visite à Benoit XIII pour représenter "les artistes français" ? L'idée même aurait fait frémir Julien Gracq : la vulgarité n'a jamais suffi pour être nommé artiste.
Julien Gracq est un écrivain difficile, et je ne dirais pas que je connais familièrement son oeuvre. Mais j'admire l'homme et ce qu'il représente de distance d' avec les fausses valeurs, de ce Dallas infiniment joué et rejoué à l'Elysée et de cette atmosphère de décadence et de fin d'un empire romain qui n'est depuis longtemps déjà plus un empire.
Bon, c'est promis, d'ici ce soir je ponds un billet plus en accord avec le calendrier...
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dimanche 23 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
dimanche 23 décembre 2007 à 11:22 dans Journal
Dans un précédent billet ("Mouammar et le baron de Secondat", 16 décembre), j'évoquais l'argument soulevé par Bernard Accoyer pour légitimer la visite de Kadafi à l'hôtel de Lassay :
- "N'oublions qu'il a lu Montesquieu !"
Plusieurs députés de la majorité avaient émis des doutes sur le fait que le guide libyen ait complètement assimilé la pensée de Montesquieu.
On en jugera avec cet extrait des "Lettres persanes"
Lette adressée à Usbek "Je tremble toujours qu'on ne parvienne à la fin à découvrir quelque secret qui fournisse une voie plus abrégée pour faire périr les hommes, détruire les peuples et les nations entières
Et la réponse dans la lettre suivante : "Tu crains, dis-tu, que l'on n'invente quelque manière de destruction plus cruelle que celle qui est en usage. Non. Si une fatale invention venait à se découvrir, elle serait bientôt prohibée par le droit des gens, et le consentement unanime des nations. Il n'est point de l'intérêt des princes de faire des conquêtes par de pareilles voies" .
Nous étions en 1717. On méditera si la citation est à charge ou à décharge de la visite du Président Libyen.
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Par Michèle Delaunay,
dimanche 23 décembre 2007 à 11:05 dans Journal
Vite, vite, incitons autour de nous les jeunes ou les distraits à s'inscrire sur les listes électorales pour pouvoir voter en mars !
Pour s'inscrire, il suffit de se présenter, muni d'une carte d'identité ou d'un passeport valide, ainsi que d'un justificatif de domicile au service des élections de la maire, place Pey-Berland (pour les Bordelais bien sûr). Celui sera ouvert jusqu'au samedi 29 décembre à 16 h. L'inscription peut aussi se faire dans les mairies de quartier (Caudéran, Grand Parc, La Bastide, Bacalan).
N'oubliez pas que les ressortissants des 27 pays de la Communauté Européenne résidants à Bordeaux peuvent s'inscrire. Pour tout renseignement : 05 56 10 20 30 (mairie de Bordeaux)
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vendredi 21 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
vendredi 21 décembre 2007 à 17:02 dans Journal
Service civil ou service civique ? J'ai, dans le titre opté, car ce service civique peut être effectué auprès de l'une ou l'autre des armées mais surtout parce qu'il est destiné à renforcer de jeunes citoyens dans la conscience et l'exercice de ce rôle.
On se souvient que les principaux candidats à l'élection présidentielle ont proposé de généraliser et de rendre obligatoire ce service civique pour une durée de six mois. Nicolas Sarkozy traîne un peu la patte à mettre en oeuvre cette promesse pour des raisons à l'évidence budgétaires.
Une classe d'âge représente 800 000 jeunes français. Ce sont donc, chaque six mois, 400 000 jeunes qui seraient concernés, ce qui correspond à un coût de cinq milliards d'euros. Ce coût est aussi un investissement sur l'avenir et doit être mis en perspective des cadeaux fiscaux faits aux plus riches par les lois votées en juillet dernier (15 milliards d'euros). La promesse est en tout cas aujourd'hui revue grandement à la baisse, et surtout dénaturée, puisque Bernard Laporte vient d'évoquer un service de trois semaines.
Le principe du service civil est de permettre aux jeunes, beaucoup plus désireux d'engagement et de dévouement qu'on ne le laisse croire, de s'investir pendant six mois dans une mission sociale, environnementale, sanitaire... Ce temps est bien souvent l'occasion de dresser un projet professionnel, de se découvrir soi-même et de comprendre que chacun a un rôle dans la société.
Car ce service civique existe déjà. Il est volontaire et l'on en évalue régulièrement les effets bénéfiques en terme de formation, de choix et d'obtention d'un mêtier. Le problème est le financement.
L'Etat finance 870 euros par volontaire par mois alors que le coût est de 1300 euros. Reste à trouver des structures bienveillantes qui comblent le manque. C'est en Aquitaine principalement le Conseil Régional qui a bien saisi l'importance de ce dispositif. Cent jeunes ont ainsi été acceptés, ce qui ne correspond malheureusement qu'au quart des candidatures.
Ils ont réalisé leur service aux restos du coeur, dans des actions d'auto-réhabilitation de logement, à Réseau 32, ou dans un engagement auprès des personnes âgées de la villa Pia.
Satisfaction réciproque des "servants" (c'est le mot anglais "civil servants", je ne trouve pas d'équivalent en français), des responsables des structures et des bénéficiaires.
Voilà pour moi un sujet d'engagement, et je m'enquiers aujourd'hui même de la possibilité d'y consacrer une part de ma réserve parlementaire. J'ai d'ores et déjà attiré l'attention du Gouvernement, à l'occasion d'une question écrite, sur le fait que la durée de trois semaines envisagée par Bernard Laporte vide la mesure de son sens, et n'est pas à la hauteur des enjeux. A suivre.
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mercredi 19 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
mercredi 19 décembre 2007 à 18:24 dans Journal
Le débat d'hier et d'aujourd'hui sur le projet de loi "pouvoir d'achat" a donné lieu à de curieux moments. Drôles aussi, ce qui n'arrive pas à vrai dire tous les jours.
Hier soir, discussion comportant l'étape d' "exception d'irrecevabilité". Mot étrange et compliqué où un député défend l' "irrecevabilité" du texte pour raison politique, constitutionnelle, éthique...
La parole était à notre groupe en la personne de Jérome Cahuzac, orateur d'exception tant sur le fond que sur la forme. Une demi-heure de temps de parole lui était accordée. Vers la 25 ème minute, notre groupe et spécialement François Hollande le presse de conclure. Attitude étrange motivée par une situation inhabituelle : du fait de la très faible représentation du groupe UMP, peu motivé semble-t-il sur le sujet du pouvoir d'achat, nous étions majoritaires dans l'hémicycle. Si le vote avait eu lieu à ce moment, le texte aurait été irrecevable et aurait donc été retiré.
Pourquoi pressions-nous Jérome ? Pour que Jean-François Copée, président du groupe UMP, n'ait pas le temps de rappeler ses troupes à meilleur comportement. Malheureusement, les députés UMP sont aguerris : à la suite de l'intervention de Jérome Cahuzac, des prises de parole ont trainé en longueur, et on a vu arriver, pas toujours très fiers et, disons-le, sous nos rires, une masse de députés UMP, un à un, venus consolider le groupe.
Quand le vote a eu lieu, ils étaient de très peu majoritaires. Dommage !
Aujourd'hui, nouveau moment amusant et étrange : le Président Bernard Accoyer a interrompu notre collègue PS Jean Gaubert, alors qu'il posait une remarquable question au gouvernement. Il n'avait dépassé son temps que de trente secondes, et il n'est pas convenable d'interrompre un orateur pour un si court retard. Jamais ce n'aurait été le cas si le député avait appartenu à la majorité, mais Bernard Accoyer n'a pas la magnanimité de son prédécesseur Jean-Louis Debré.
C'est ainsi qu'on a entendu toute la partie gauche de l'hémicycle scander à voix forte, pour en appeler à sa présidence qui a fait l'unanimité : "Debré, Debré, Debré !"
Inhabituel, et plutôt sympa. Bernard Accoyer ne l'a sans doute pas tout à fait entendu ainsi..
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Par Michèle Delaunay,
mercredi 19 décembre 2007 à 09:03 dans Journal
Il est clair que la loi hâtivement glissée dans la hotte du père Noël ne convaincra pas grand monde et moins encore ceux qui en attendent la traduction sur leur feuille de paye.
Nous entamons donc à l'assemblée la discussion du projet de loi "pouvoir d'achat". Rappelons au passage que la loi "TEPA" (Travail, Emploi, Pouvoir d'Achat) portait déjà ce nom. La nécessité d'un complément six mois après est déjà en soi un aveu d'échec. La loi TEPA n'a augmenté le pouvoir d'achat que des plus riches, elle n'a pas créé un emploi, et même la mesure sur les heures supplémentaires censée libérer le travail n'a pas l'écho attendu auprès des chefs d'entreprise.
La "monétisation des RTT" présentée hier comme la pièce maîtresse du nouveau dispositif ne touche qu'un salarié sur deux, s'il a des RTT à "monétiser" : en sont exclus tous les employés des petites entreprises, ceux dont le temps de travail est annualisé (une semaine plus de 35 heures, une semaine moins..) et les employés des fonctions publiques.
Dans la fonction publique hospitalière, cette monétisation est rigoureusement impossible. Le budget global des hôpitaux est de 55 milliards d'euros, dont 70% de salaires ; 3% de ces 70% correspondent aux RTT, soit 1 milliard d'euros. Les hôpitaux, déjà largement en déficit, sont dans l'incapacité d'assurer le paiement.
Plus frappant encore : nous avons voté le budget il y un mois environ. Pas la moindre ligne de crédit est prévue pour ce paiement dans les fonctions publiques, quel que soit le montant du "rachat" , ce qui n'est pourtant pas la moindre question (tarif des heures supplémentaires ou non).
Quel sera l'écho dans la presse des interventions de notre groupe, et en particulier hier soir d'une démonstration flamboyante du député Jérome Cahuzac ? Même dans cette période de préparatifs de fête, le sujet est compréhensible de tous.
Un seul exemple : allées de Tourny, un sapin de noël de taille "familiale" coûte 80 euros ; dix heures de travail au SMIC horaire.
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mardi 18 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
mardi 18 décembre 2007 à 17:53 dans Journal
Envie d'émigrer hier matin en écoutant la radio pleine du show Sarko-Carla Bruni. La manipulation dans laquelle nous vivons m' éxaspère au delà de tout.
Sarkozy avait annoncé au coin d'une phrase "que le sujet du pouvoir d'achat devait être rapidement balayé". Pour cette raison, la discussion qui s'ouvre aujourd'hui à l'Assemblée a été placée en hâte à cette date afin de ne pas pouvoir s'éterniser, la session finissant le 21 décembre. On a sans autre forme de procès renvoyé un autre débat, moins mobilisateur de l'opinion et moins délétère pour le gouvernement, en janvier.
Au passage, on voit combien la réclamation de la gauche que les parlementaires soient partie prenante dans l'ordre du jour de l'Assemblée est importante. Le gouvernement en a actuellement la maîtrise, ce qui permet semblables tours de passe-passe.
Le petit show privé, sous les flashes des photographes dûment informés, a une fois encore pour objet de détourner l'attention du bon peuple. Le choix de Disneyland n'est pas moins affligeant que la volonté de médiatisation elle-même. Sans jouer les Jean-Louis Debré, imagine-t-on le Général de Gaulle à Disneyland ou ce qui en tenait lieu à l'époque ?
La manipulation médiatique, l'utilisation de l'imbécillité ne sont pas des outils de gouvernement décents pas un outil décent. En réalité, le Président de la République abaisse sa fonction, je n'ose pas dire à sa taille, mais en tout cas à la taille de sa personnalité.
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dimanche 16 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
dimanche 16 décembre 2007 à 15:03 dans Journal
Hier, samedi 15 décembre, inauguration en fanfare de la piscine du Grand Parc. L'événement est à la mesure de l'attente des habitants et de tous les Bordelais : dix ans de fermeture de cet équipement emblématique du quartier du Grand Parc, où tant d'entre nous ont appris à nager et où Jean Boiteux s'est entrainé !
Mais ne boudons pas notre plaisir : la piscine n'a pas l'envergure de l'équipement initial mais elle est gaie, lumineuse, très réussie. Des touches de couleur tombent des baies vitrées sur l'eau qui ondule et fait des bulles. Une Ile de palmiers troue le bassin ludique. Un tobogan descend joyeusement vers la pateaugeoire. On a envie de se tremper, de s'ébrouer, autant d'y faire de l'exercice que de se reposer dans la belle lumière qui le matin anime l'ensemble.
Affluence des grands jours pour la cérémonie d'ouverture. Curieusement, les habitants du Grand Parc n'y étaient pas, de très loin, majoritaires ; comme s'il fallait un peu de temps après une si longue attente pour qu'ils s'approprient cet équipement. Les jeunes qui ont plongé dans le bassin venaient... de Saint Bruno et cela résume sans besoin d'autre commentaire l'inégalité de la politique sportive de cette ville. Cinq quartiers sur douze seulement disposent d'une maison de quartier : Saint-Bruno, Saint Augustin, Caudéran.. Nous aurons l'occasion d'y revenir. Restons au plaisir de ce moment attendu.
Alain Rousset a pris la parole après Alain Juppé et en qualité de Président du Conseil Régional. Il a choisi en effet de financer cette nouvelle piscine, malgré la réduction de la surface de baignade qui n'en fait pas un équipement d'intéret régional. Mais l'enjeu social nous a paru l'emporter sur la stricte définition d'un équipement sportif d'intérêt régional.
Avant même les discours, Alain Juppé a annoncé au groupe des officiels, en ligne sur le bord du bassin
-"Je vous ai réservé une petite surprise..."
Nous attendions l'annonce d'un aménagement particulier, d'un hammam ou d'un jacuzzi bien chauffé pour les personnes âgées... Pas du tout. A voix basse, et le doigt sur la bouche, il a ajouté
- "J'ai apporté mon maillot de bain..."
Je ne dirais pas que l'émotion nous a gagné. Mais de fait, en fin d'inauguration, lui même et Hugues Martin ont fait quelques brasses dans le bassin. Seuls, sous le regard admiratif des conseillers municipaux et de quelques personnalités dans leurs meilleurs atours. Peut-être aurais-je trouvé plus plaisant qu'il convie à l'avance à cette baignade quelques jeunes du Grand Parc et que ce bain soit moins solitaire. Mais une certitude est acquise : Alain Juppé sait nager.
21 commentaires
Par Michèle Delaunay,
dimanche 16 décembre 2007 à 10:04 dans Brèves
J'ai ri un peu jaune, mais bien ri quand même, en lisant hier les propos de quelques députés de droite à propos de la venue de Kadhafi à l'hôtel de Lassay. Pour mémoire, la totalité des députés de gauche s'est abstenue, et même parmi les umpistes grand teint le fanatisme n'était pas de mise.
Bernard Ollier, doublement élu puisqu'il est le compagnon de MAM, était de ceux qui soutenaient comme ils pouvaient l'opportunité de la visite. A court d'argument, il a avancé :
-"N'oubliez pas qu'il a lu Montesquieu..."
L'écho n'a pas été à la hauteur de l'argument.
- "Eh bien, s'il l'a lu, il n'en a pas assimilité l'esprit.." a rétorqué Claude Goasguen, qui fait partie de la la commission d'enquête sur la libération des infirmières bulgares.
- "Il a dû se régaler des Lettres Persannes" a rajouté l'autre.
En réalité, je sais de source sûre et secrête qu'il s'en est tenu à "grandeur et décadence de l'empire romain", et qu'il a surtout aimé la deuxième partie.
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samedi 15 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
samedi 15 décembre 2007 à 18:46 dans Journal
Pluie d'inaugurations hier et aujourd'hui... Hier, 20 rue Saint-Laurent, celle de mon bureau parlementaire. Un moment plutôt heureux : il y a 60 ans que la permanence du député de la deuxième circonscription était à la mairie de Bordeaux !
Cela parait presque une boutade et je découvre chaque jour la profondeur de ce modeste propos. La deuxième circonscription, que j'appelle "la circonscription des deux rives" puisque elle couvre le fleuve comme une poule couvre son nid, réunit le coeur de Bordeaux et la Bastide. C'est la seule circonscription strictement bordelaise (la première circonscription déborde sur le nord et l'ouest de Bordeaux, la troisième sur le sud), elle est emblématique de cette ville, à la fois par son histoire et par sa géographie.
J'ai voulu donner à ce premier bureau parlementaire en coeur de ville une vraie réalité : une salle de réunion à la disposition de tous et en premier lieu du PS bordelais, des locaux clairs et ouverts, comme doit être la politique.
Inauguration chaleureuse, amicale et je remercie tous ceux qui l'ont animée de leur présence ; un signe particulier aux voisins de la permanence, amicalement venus montrer qu'ils acceptaient familièrement, amicalement, la nouvelle destination de cette maison au milieu d'eux. On parlait autrefois de "feux" dans un village. Ce nouveau foyer est une maison commune, un lieu de débat, de concertation, d'ouverture.
Merci à tous. Et un infini pardon à ceux qui ont reçu l'invitation un peu tard. Cette maison est la vôtre.
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vendredi 14 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
vendredi 14 décembre 2007 à 19:43 dans Journal
Je ne voudrais pas parler trop en hâte de ce sujet fondamental, qui me parait un des piliers du socialisme du XXIème siècle : la politique de santé, cette nouvelle écologie, centrée sur l'homme à l'égal de l'ours Balou ou de la pimprenelle des prés et des étangs, et pour tout dire ce nouveau concept, ahurissant je le reconnais : l'humanité durable.
Et si le vrai grand problème, c'était de rendre, non seulement la planète en bon état, mais l'homme équilibré, sain, ayant des valeurs qui le soient aussi, c'est à dire dans cette dualité qui fait sa force depuis les siècles des siècles : la capacité, tout en même temps, de forger le réel et d'inventer le futur ? "Les pieds sur la terre et la tête dans les étoiles", je n'ai plus aucune idée de qui est cette expression simple, mais Philippe Madrelle aime à la citer souvent et il a raison : elle dit simplement ce qui est infiniment complexe, incommensurable et l'objet d'un questionnement sans fond.
Je reviens au thème de notre première réunion publique : Santé et qualité de vie. Pourquoi le politique est-il si hautement impliqué dans ce double domaine que l'on croit, au premier instant, relever d'abord de la sphère privée ?
Parce qu'aujourd'hui nous savons que les déterminants principaux de notre état de santé ne dépendent pas des médecins (pardon pour eux) mais de nos conditions de vie. Et ces conditions de vie : logement, lien social, alimentation, bruit, air que nous respirons... dépendent du politique et principalement, de la politique locale, et donc municipale.
Et parce que, de toute éternité, nous savons, que la santé, l'équilibre, la pleine possession de nos moyens physiques et psychiques, sont le premier outil de notre autonomie, à tous les âges, et de notre développement personnel.
Je ne sais quel homme politique disait "tu pourras avoir dix mandats, cent maîtresses, mille flatteurs, mais tu n'auras jamais qu'un seul corps".
J'ajoute, tout en sachant que c'est un organe comme les autres : "Et qu'un seul cerveau". Et quand des gamins de 12 ans se plombent les neurones avec dix joints par jour, et se prédisposent à la perte de contrôle, à la schizophrénie et autres agréments peu émancipateurs, ça me fend tout simplement le coeur.
A Bordeaux, nous voulons construire cette ville qui protège, qui aide à vivre et en même temps, qui donne envie. Qui donne envie de bouger, d'être bien, d'être soi même... On se doute que j'en reparlerai. L'écho médiatique de notre réunion n'a pas transmis cet "essentiel" qui nous anime. Nous en reparlerons tous ensemble.
Je galope à la Benauge, où une réunion selon mon coeur m'attend..
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Par Michèle Delaunay,
vendredi 14 décembre 2007 à 19:19 dans Journal
Il y a juste des journées pires que les autres ! "Pire" est un mauvais mot, disons : plus denses et plus occupées et d'où je rentre plus capable de ces dix minutes de récréation que sont la converstion et l'échange dans le blog ..
J'atteris donc à l'instant dans le blog, avant de repartir à une fête au centre social de La Benauge. Disons-le : j'ai un attachement particulier à La Benauge, quartier de vraie tradition sociale, avec un habitat en partie de grande qualité, de l'espace, un lien véritable entre les personnes. J'aurais voulu y tenir une permanence parlementaire : l'absence de tout équipement municipal, l'absence d'alternative, l'ont rendu impossible.
Depuis avant hier, plein d'événements : notre réunion "santé-qualité de vie" à la halle des Chartrons, mercredi soir 12 décembre, la réunion "services publics, équipements de proximité", hier soir 13 décembre à la salle Quintin Loucheur, à 12 heures aujourd'hui l'inauguration de ma permanence parlementaire, je ne sais par quel bout commencer pour vous raconter ma vie, qui est en réalité notre vie, celle de notre équipe pour une équipe beaucoup plus grande encore : les Bordelais.
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mercredi 12 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
mercredi 12 décembre 2007 à 15:14 dans Journal
Cette invitation, décidément très Bon Chic, Bonne Gauche, pour vous rappeler notre réunion ce soir à la halle des Chartrons, à 18 heures 30 : avec Jean-Marie Le Guen, député de Paris, très connu pour ses batailles (et ses victoires !) contre les distributeurs de boissons sucrées dans les écoles, les publicités télé pour les produits gras et sucrés..- Serge Simon, Selim Kançal, nous débattrons de santé et de Haute Qualité de vie.
Tout au moins autant que la protection de la planète, l'enjeu écologique est aujourd'hui la santé et l'équilibre des hommes. La politique a beaucoup à voir en la matière, et en particulier la politique municipale qui régit nos conditions de vie dans la ville.
Une ville qui donne envie, une ville qui aide à vivre,voilà la priorité que nous construirons ensemble ce soir.
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Par Michèle Delaunay,
mercredi 12 décembre 2007 à 09:05 dans Brèves
J'écoute au vol Martin Hirsch annoncer sur France-inter l'abolissement de la loi de Robien et la réorientation de l'investissement en faveur des logements sociaux ou très sociaux. Ai-je bien entendu ? C'est ce que nous martelons depuis six mois au parlement, après l'avoir fait dans les campagnes électorales.
Le "de Robien" (défiscalisation des logements construits dans un but spéculatif) est une des causes principales de l'enchérissement des loyers et des prix des logements. La loi a aussi amené à la construction de logements de faible qualité, qui se dégraderont très vite, dans des endroits où le rapport n'est pas même évident, le montant des loyers ne correspondant pas à la demande locale.
Si la mesure est confirmée, nous ne pourrons que nous en réjouir. Peut-être y a-t-il dans ce gouvernement deux ou trois personnes moins autistes que les autres.
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mardi 11 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
mardi 11 décembre 2007 à 15:32 dans Journal
Une des mesures, prèsentée comme cardinale, du projet de loi sur le Pouvoir d'achat est l'extension du travail du dimanche. Remarquons au passage que ce projet de loi est présenté demain 12 décembre en Conseil des ministres et ne sera débattu à l'Assemblée qu'à partir du 18 décembre. Raison avouée par le Gouvernement : il ne faut pas que la discussion traine en longueur. La session de l'Assemblée s'achevant le 21, les députés seront bien obligés d'en finir. On a ainsi repoussé en janvier le projet de loi sur la rétention de sécurité pour faire place au texte qui fâche.
Le Gouvernement a en effet hâte que se débarrasser de ce sujet épineux. Khadafi vaut presque mieux. La baisse du pouvoir d'achat est une épine monumentale dans le pied de celui qui en avait fait un slogan de campagne ("être le Président du pouvoir d'achat").
Mesure présentée comme l'oeuf de Colomb : étendre et payer double le travail du dimanche. C'est tout d'abord faire bien peu de cas de la vie personnelle, sociale et familiale de ceux qui sont susceptibles d'y souscrire. Trois millions et demi de Français travaillent déjà le dimanche : hospitaliers, restaurateurs, policiers, standardistes... tant de mêtiers justifient déjà cette astreinte. Il s'agit ici de l'étendre principalement ,sans motif véritable de service, aux employés de la grande distribution. Leur travail est-il si passionnant, leur conditions d'exercice si favorables, que l'on doive en plus les priver d'accompagner leur gamin au foot, de déjeuner avec l'oncle Marcel ou la cousine Françoise, ou encore de suivre les séances de la société linéenne ?
C'est bien sûr la première raison de dire "non". Toutes les civilisations, toutes les religions, connaissent un jour de repos. Un jour où l'on est autre et où l'on échappe aux contraintes habituelles pour "respirer", être soi, vivre tout simplement sa vie à sa guise et à son rythme.
Les enfants vont en pâtir plus gravement encore que les adultes, et c'est ce qui me nâvre : comment une promenade du dimanche entre les rayons d'Auchan pourrait-elle être constitutive de la personnalité ? Je suis, avec beaucoup de scientifiques, convaincue que ce que j'appelle "le silence dans la tête des enfants", la nécessité de faire appel à ses ressources intérieures, d'inventer des jeux, de se raconter des histoires, est indispensable à l'équilibre et à la construction du soi. C'est mal parti.
Les raisons économiques m'échappent. Le pouvoir d'achat des consommateurs va-t-il augmenter pour autant ? Non, il va seulement se déplacer vers des objets de consommation le plus souvent inutiles et de maigre qualité. Au détriment des produits culturels, d'un dîner au restaurant, d'un spectacle...
La nécessité de payer les vendeurs plus chers et avec une plus grande amplitude horaire risque de se répercuter sur le prix de vente. Là je suis moins sûre de moi, et en réalité ce n'est pas ce qui m'occupe le plus.
Cette mesure va tout simplement au contraire de ce dont notre société souffrante a besoin : rééquilibrer les valeurs, revenir à l'essentiel : l'activité physique, la culture et l'étude, les liens sociaux et familiaux.. L'abêtissement nous est maintenant vendu comme un moteur de croissance, alors qu'il fondamentalement, dans toutes les civilisations un signe de déclin et de décadence.
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dimanche 9 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
dimanche 9 décembre 2007 à 22:39 dans Journal
Un article à la une de la Sueddeutsche Zeitung (qui couvre très largement le sud et l'ouest de l'Allemagne, tout en ayant l'autorité d'un quotidien national) nous alerte sur l'omerta médiatique qui régit notre presse nationale. Je ne veux pas prendre parti, et bien que l'article soit un peu long, je donne la traduction in extenso. Malgré le caractère sans doute imparfait de la traduction, certaines phrases font mal à notre ego national et à notre propension à nous poser en défenseurs des libertés et des droits. Lire la suite
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Par Michèle Delaunay,
dimanche 9 décembre 2007 à 16:37 dans Journal
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Par Michèle Delaunay,
dimanche 9 décembre 2007 à 14:00 dans Journal
Pluie à verse, vent force 5, ce matin sur Bordeaux. Le Rousset (pardon, Alain, je trouve cette expression, de vieille tradition française, charmante et dans la circonstance assez vraie), le Rousset donc était à la chasse, levant la bécasse. Bonne nouvelle, il n'en a levé qu'une, qu'il n'a pas même tirée. Qu'on se le dise, au sens propre au moins, je suis plutôt du côté des bécasses.
Nous convenons de retarder un peu notre rendez-vous de campagne : au Colbert, la tempête arrachait les étals, et le Rousset lui-même sortait à grand peine des broussailles trempées d'eau, tout marri que sa bécasse l'ait été plutôt moins que son nom l'indique...
Arrivée au Colbert vers 11 h sous un coup de bourrasque d'une particulière intensité. Je dis souvent que la parité n'existera jamais en politique : Alain Rousset, à l'égal sur ce plan d'Alain Juppé, arrive le poil ras mais en bon ordre, Florence Lamarque, candidate aux élections législatives sur l'emblématique troisième canton, tout comme moi, déjà transformée en 0'Cedar mouillé par les gifles de pluie. Refuge à l'amical stand des huîtres et du vin blanc, tous accrochés au large parasol/parapluie qui couvre les tables pour éviter son envol. Un nostalgique vient me voir : "Alain Juppé accroche son vélo les dimanches de beau temps au pilier qui nous fait face". Mais remarque-t-il : "Aujourd'hui, il s'est dit que ça valait pas la peine..."
Je ne suis pas sans espoir que ce fin observateur nous rejoigne...
Petit marché auprès des marchands qui avaient bravé les intempéries. Une info qui va combler les people-ologues de la scène locale : à cette saison, Alain Rousset n'achète et ne consomme que des poires comices. Spécialistes et fins gourmets le rejoindront dans ce choix.
A un stand, une vielle dame rejoint et aborde Rousset, le coeur aux lèvres :
- Vraiment, vraiment, je suis trop contente que vous aimiez à ce point les animaux !
Allusion au papier dans Sud-Ouest la veille : Rousset et ses brebis, Rousset nourrisant ses poules avant de partir au travail et peu satisfait quand il ne trouve pas d'oeufs dans le poulailler. Qu'on se le dise au Conseil Régional : quand le Rousset arrive grognon, ce n'est ni la faute de Sarko sucrant des crédits aux régions, ni du staff américain de Ford ou d'un quelconque labo de biotechnologie, c'est la poule roussette (je promets, l'espèce existe) qui n'a pas rempli son office. Et en cette saison, roussettes ou pas, les poules sont paresseuses.
Surtout ne dites à personne que je suis à l'origine de cette chronique détendue, dont l'objet est justement de montrer qu'une campagne c'est aussi un moment de bonne humeur et d'envie d'être.
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samedi 8 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
samedi 8 décembre 2007 à 11:13 dans Journal
Où est le "choc de confiance" promis par mme Lagarde, dans un discours mémorable d'inconscience, lors du vote de la loi TEPA en juillet dernier ? La défiscalisation des heures supplémentaires, les exonérations diverses d'impôt, le "bouclier fiscal".. devaient créer ce choc de confiance qui entrainerait inéluctablement une envolée de la croissance. Quen est-il six mois après ?
L'indicateur de confiance des ménages établi par l'INSEE est tombé à son plus bas niveaux des quinze dernières années. La croissance est inférieure d'un demi point aux prévisions du gouvernement et elle ne sera pas meilleure l'année prochaine.
Le gouvernement tablait sur une croissance entre 2 et 2,7 et comptait sur le chiffre le plus haut pour financer les 15 millions de coût de la loi TEPA ; elle devrait s'établir autour de 1,8%, ce qui la situe un point au dessous de nos partenaires européens
Les autres indicateurs de conjoncture, par exemple la consommation des ménages en produits manufacturés, sont en forte chute. L'année prochaine, la croissance, que le Président de la République voulait "aller chercher avec les dents", devrait être de l'ordre de 2%. Où sont le "choc de confiance" et le "choc de croissance" promis par Mme Lagarde ? Le "cercle vertueux" qui devait tirer la France vers le haut, où est-il ?
L'explication est simple : ce qui détermine la croissance, c'est d'abord la progression du pouvoir d'achat du revenu disponible. Entre 1997 et 2002, cette progression a toujours été comprise ente 3,2 et 3,5% par an, en conséquence à la fois des créations d'emploi -400 000 par an- et de la hausse du revenu individuel. Après 2002, ces chiffres sont retombés avec des fluctuations entre 1 et 2%.
Les faits et les chiffres sont têtus. Ils sont austères mais importants à analyser. La vérité est que le gouvernement n'a pas de politique économique. La lecture des journaux étrangers montre chaque jour l'étonnement et l'incompréhension de nos partenaires européens dont les résultats démontrent au contraire qu'il n'y a pas de fatalité à la récession et à la montée de l'inquiétude. Toutes les interventions de notre groupe lors de la discussion de la décision modificative du budget ont analysé les chiffres, démonté cette absence de politique et fait des propositions.
Très peu d'écho dans les médias qui se gavent au contraire de l'interrogation de Josiane Balasko "où est l'opposition ?". La distance entre l'écho donné au travail de fond, comme c'est le cas des débats parlementaires, et le sort fait aux "petites phrases" est immense. Une journaliste de France-bleue me faisait partager hier son interrogation et son inquiétude sur cette spirale médiatique qui va au plus facile, aux "valeurs sûres" déjà starisées, plutôt qu'aux faits et à l'analyse. Il faut à chacun de nous une sacrée dose de sens critique pour peser les informations dont nous sommes abreuvés.
On le voit, l'atmosphère de ce matin est un peu à l'inquiétude. Comme Christine Lagarde, et ce doit être notre seul point commun, je pense que notre pays a besoin d'un "choc de confiance". Il a besoin de reprendre force, de croire en ses politiques, de croire en lui-même. Cela ne peut se faire sans une politique d'égalité et d'équité (les deux mots ne sont pas synonymes, mais les deux sont nécessaires) , et par l'exemple. L'exemple personnel donné par Nicolas Sarkozy (le culte du dieu argent), la politique de creusement des inégalités et le dogme fiscal "les pauvres ne sont pas riches mais ils sont nombreux", sont tout l'inverse.
Une fois encore, je crois à la nécessité d'un nouveau modèle de société : remise en cause de la consommation aberrante, taxant les pauvres plus que les aidant à vivre, valorisation et partage des biens culturels, lutte contre la fracture sanitaire qui est la pire des inégalités ... Nous sommes à l'opposé, et c'est pour moi une interrogation sans fonds.
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vendredi 7 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
vendredi 7 décembre 2007 à 20:05 dans Journal
Une mignonne petite fille de mon entourage, déjà très imbibée de politique et écoutant attentivement débats et discours télévisés, m'a posé aujourd'hui une question plus profonde qu'il n'y parait.
-"Nicolas Sarkozy, il a dit qu'il n'était pas le père Noël, mais alors, c'est qui le père Noël ?"
Je suis restée sans réponse. Si l'Etat ne peut rien, qui peut quelque chose ? Mais je n'allais pas me lancer dans un débat sur les forces relatives du capitalisme sarkozien et de la volonté rédistributrice d'une gauche éclairée !
Ma petite fille est à l'âge où on voudrait bien croire encore, mais où l'on devine qu'il y a une tricherie quelque part dans cette histoire de père Noël, ne serait-ce que parce qu'il y en a à tous les coins de rue et dans tous les postes de télé (merci de comprendre le deuxième degré avancé de ces derniers mots).
Donc, c'est qui le père Noël ? A mon âge, je m'interroge encore. Je crois finallement que c'est chacun de nous, mais que certains ont plus de responsabilité dans le job
- parce qu'ils l'ont promis
- parce qu'ils ont un plus de pouvoir et surtout celui de choisir les cheminées qui en ont le plus besoin.
N'empêche que la question de ma petite fille est politiquement forte.
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mercredi 5 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
mercredi 5 décembre 2007 à 21:56 dans Journal
Les diplômes ne garantissent plus la réussite, ni même ne donnent la certitude d'un emploi, mais au moins préviennent-ils de l'obésité. On le savait déjà, de nouvelles études épidémiologiques le confirment.
En 2003 déjà, 15% de nos concitoyens étaient en fort surpoids, mais seulement 5% de titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur. Voilà de quoi vous réconcilier avec les études !
En vingt ans, cet écart a été multiplié par deux, et le pourcentage d'obèses augmente de 5,7% chaque année. Dommage vraiment, que le taux de croissance ne suive pas cette évolution favorable et continue.
Aujourd'hui, 1,5 millions de jeunes sont obèses. Les diplômes à leur âge n'interviennent pas directement : ce sont plutôt ceux de leurs parents, leur milieu social, leur lieu d'habitation.
Une nouvelle preuve de cette fracture sanitaire qui s'installe dans notre pays, après l'avoir fait dans des pays que l'on dit "plus avancés", comme les Etats-Unis. Nous revenons curieusement à une situation du XIXème siècle : c'était autrefois la tuberculose, le rachitisme, le scorbut, la malnutrition.. qui séparaient en pourcentage d'atteinte les enfants pauvres de ceux qui ne l'étaient pas. C'est aujourd'hui l'obésité, les caries dentaires... On n'arrête pas le progrès.
Et pourtant les moyens de l'arrêter sont là : une vraie politique de santé publique, à l'échelon national comme à l'échelon des politiques locales.
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Par Michèle Delaunay,
mercredi 5 décembre 2007 à 09:19 dans Journal
Où qu'on le regarde, le jeu de propositions de Nicolas Sarkozy en faveur du pouvoir d'achat laisse sur le côté une part majoritaire de ceux qui sont malheureusement touchés par la baisse éffective de leurs revenus au regard de l'enchérissement du coût de la vie
- les retraités
- les employés à temps partiel
- les employés des services publics
- les chômeurs
- les employés des petites entreprises
Parmi ceux-là, beaucoup de femmes, qui sont une fois encore en première ligne pour les difficultés sociales et les difficultés de la vie tout court.
Hier dans l'hémicycle, François Fillon a ajouté au pannel de mesures annoncées une autre de celles que nous avions proposé : la conditionnalité des allègements de charge des entreprises à une politique salariale. Quand, comment, on ne sait pas, mais c'est un petit pas.
La discussion a été vive hier entre notre groupe et le gouvernement : Nicolas Sarkozy a proposé le rachat (il dit "la monétisation") des jours de RTT. A quel prix ? Le respect de la loi fixant le temps légal à 35 heures impose de faire ce rachat au tarif des heures supplémentaires, sinon il s'agit bien d'un pas de plus dans le démantèlement des 35 h. La justification principale de la fixation d'un horaire légal de travail, est de déclencher le tarif des heures supplémentaires dès la 36ème heure. Pas de réponse à cette interrogation majeure faite par Alain Vidalies, toujours très percutant dans le domaine du droit du travail.
En privé, des députés de la majorité m'ont dit leur opposition au travail du dimanche. Mais, cohésion oblige, ils avalent...
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lundi 3 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
lundi 3 décembre 2007 à 17:09 dans Journal
On peut se poser la question à Bordeaux : où est donc la feuille de papier à cigarettes qui sépare le "modem" du "nouveau centre" ? Plus exactement, l'appareil politique du modem.
Pour ceux qui auraient manqué quelques épisodes de l'histoire, la vie et les moeurs du "centre" après les élections présidentielles, le "nouveau centre", dont le leader et la figure charismatique est François Sauvadet (...), est un nouveau parti, constitué par les élus de l'UDF qui ont rallié l'UMP au moment des législatives pour avoir des chances d'être élus.
Quinze ont survécu et son présents avec nous à l'Assemblée. L'UMP a bien cherché, par un tour de passe passe, a les faire bénéficier d'un financement national, mais la ficelle était tellement grosse que l'affaire a été prudemment enterrée en attendant des auspices plus favorables..
Je m'égare un peu, je l'avoue. Le nouveau centre à l'Assemblée émet quelquefois de timides critiques sur la politique de Nicolas Sarkozy mais vote toujours comme un seul homme même les lois les plus iniques. Charles Amédée de Courson, député fort estimable dans ses analyses, a ainsi montré que le bouclier fiscal n'était pas, pour les plus riches, à 50% mais à 30... Il n'en a pas moins voté avec son groupe pour le remboursement, à ce titre, d'un supposé trop payé, aux plus gros patrimoines du pays.
Je continue de m'égarer, je voulais seulement situer le nouveau centre et le mettre "en situation", comme disaient les philosophes dans les années 50.
Retour aux événements locaux. L'appareil du modem bordelais a manifesté en salves ces derniers jours son ralliement à Alain Juppé. Démarche précipitée dont on peut s'interroger si la base des militants (le mot "base" est peut être généraux par ce qu'il suppose de largeur) la partage. Véronique Fayet a eu un mot malheureux, évoquant la tentative de "débauchage" qu'aurait eu à son endroit Alain Rousset. A ma connaissance, ne peut être débauché que quelqu'un qui a été préalablement "embauché". C'est en effet sans doute le cas..
Ralliement "de conviction" qui ressemble fort à un accord d'appareil, et presque à une marchandage de places. "Nous voulons 15 places en positions éligible... ". L'opposé de la démarche de Rousset : travaillons ensemble, voyons ce que nous pouvons faire, et ensuite nous verrons qui peut incarner ces actions". Aucune négociation de place. Un projet que l'on construit.
Pourquoi ? Parce qu'à Bordeaux comme à Pau, l'enjeu municipal est d'importance pour deux des protagonistes principaux. A Pau, Bayrou a besoin de la mairie pour faire contrepoids au délitement du modem. A Bordeaux, Alain Juppé "fait de nécessité vertu" et joue gros sur son mandat unique. "Bordeaux et Pau valent bien une messe", dirait le bon roi Henri dont Bayrou est le biographe et dont il a retenu les enseignements.
Les adhérents, les proches du modem, se sentiront-ils à l'aise dans cette démarche de stratégie politique qui va à l'encontre de l'esprit de liberté exprimé par Bayrou pendant la campagne présidentielle ?
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dimanche 2 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
dimanche 2 décembre 2007 à 19:05 dans Journal
Bien sûr, c'est une blague, un petit jeu de mots pas méchant, au crépuscule d'un après-midi passé à bosser sur notre projet municipal et cette "envie de ville" qui nous anime un peu tous et que nous essayons de formaliser dans plein de groupes de travail très sérieux, avec obligation de rendre un document du même métal, dans les quinze jours à venir.
Envie de ville donc, envie d'une ville qui fait envie, envie d'une ville qui aide à vivre. C'est ce double moteur ("sexy", "solidaire") que je trouve dans les contributions au groupe de travail que j'anime "Qualité de vie, santé sociale, santé durable, âge". Pourquoi alors "une ville qui sent le rousset ?". Parce que tout simplement, dans le domaine de la qualité de vie, du bien être, du grand large, de la mer et de la montagne à deux pas, comme dans tous les autres domaines, nous devons faire de Bordeaux la capitale de l'Aquitaine, région bénie entre toutes sur tous ces points. Ce qu'Alain Rousset fait de l'Aquitaine ("science, ski et surf"), nous le ferons de Bordeaux.
Bon, à vrai dire aussi, parce que le jeu de mot m'a amusée. Les mots sont le plus beau des jeux. Mais pas toujours le plus innocent..
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samedi 1 décembre 2007
Par Michèle Delaunay,
samedi 1 décembre 2007 à 19:50 dans Journal
L'intervention hier de Nicolas Sarkozy, précédée d'habiles coup-de-mentonnades sécuritaires, n'a apporté aucune éclaircie véritable à ce double échec politique : notre pays se paupérise, et cette paupérisation est supportée en premier lieu par les plus pauvres.
Notre pays se paupérise : la politique de retour à la croissance, ce "choc de confiance" dont Christine Lagarde a entouré la promotion de loi TEPA ("travail, emploi, pouvoir d'achat"), est un échec complet. Six mois après l' "avènement" de Nicolas Sarkozy, mais aussi après 66 mois de pouvoir de la majorité qui le porte et de lui même comme ministre, tous les indices, tous les paramètres économiques sont au rouge. Non, ce n'est pas une fatalité de notre Europe. Ce n'est le cas, ni en Allemagne, ni en Espagne, nos plus proches voisins.
Cette paupérisation est supportée en premier lieu par les plus pauvres : les plus riches ont reçu au contraire dès le mois de juillet le paiement de leur soutien et de leur concours dans la campagne passée comme dans la campagne permanente qu'est devenue notre vie politique. Pour exemple : un chèque d'une valeur moyenne de 50 000 euros aux propriétaires des plus gros patrimoines au titre du bouclier fiscal. Ce chèque n'a attendu ni l'année suivante, ni la fin de l'année, alors que la modestissime revalorisation des petites retraites a été reportée à 2008.
Quand il s'agit du pouvoir d'achat de l'immense majorité des Français, Nicolas Sarkozy dit : "Je ne suis pas le père noêl". Avec un peu d'esprit polémique, j'ajoute : "en tout cas, je connais mes cheminées".
Quelles mesures donc ont été annoncées hier ?
Deux bonnes mesures, issues du programme socialiste (voir billet précédent), concernant toutes deux le logement : l'indexation du prix des loyers sur le coût de la vie, et non sur celui de la construction ; la réduction à un mois du loyer "d'avance" et la mutualisation de la caution.
Une mesure inexistante, ou plutôt qui existait déjà : la "monétisation" (voilà un mot affreux, qui évoque la monnaie, et même la petite monnaie, plus que le salaire) des heures de RTT ou du crédit d'heures. Médecin hospitalier, je pouvais déjà en bénéficier : soit accumuler ce crédit d'heures en prévision de la retraite, soit le "monétiser". Les réactions des syndicalistes me montrent que c'était déjà le cas dans de nombreuses branches.
Une mesure incroyablement choquante, presque méprisante : le travail du dimanche. "Que vous plaignez vous, vous qui gagnez peu, qui ne pouvez finir le mois, et qui devez rogner sur les petits plaisirs de la vie, quand ce n'est pas sur l'essentiel !!! Vous pouvez non seulement faire des heures supplémentaires (pour ceux qui ont un boulot et un boulot qui le permet... soit quelques petits pour cent de ceux qui ont un problème de pouvoir d'achat), mais vous pouvez travailler le dimanche !" . Merci, Nicolas, de rendre possible que si j'ai un boulot idiot dans la grande distribution (car c'est principalement de cela qu'il s'agit), je puisse, en plus, renoncer à voir mon gamin jouer au foot le dimanche, ou aller en famille faire une balade en vélo, ou faire une visite archéologique avec les amis de la société savante qui me passionne. Oui, vraiment, merci, Nicolas !
Je vais vous dire ce qui me choque plus que tout : à chaque intervention de Nicolas comme des députés UMP à l'Assemblée, un seul mot d'ordre : tous nos malheurs viennent des trente cinq heures. Si la France plonge, ce sont les trente cinq heures; si on a été battus au rugby, ce sont les 35 heures... Mais s'ils le pensent, que n'ont-ils le courage de les abolir au lieu de les utiliser comme alibi permanent ?
Je dis cela d'autant plus à l'aise que, médecin hospitalier, je n'ai jamais été une fanatique des 35 heures. Mais je suis par contre une fanatique du courage en politique. Ou les 35 heures ont apporté du positif et on le dit, ou elles sont synonymes d'enfer et damnation, et on les supprime au lieu de les utiliser comme paravent!
Tout à l'heure, ce samedi après-midi, j'étais dans le hall de l'Opéra (que j'appelle toujours le Grand Théâtre) à une manifestation de sensibilisation au VIH-Sida. Une femme, entre cinquante et soixante, séro-positive, est venue me parler. Elle vit avec 300 euros par mois. Les franchises médicales qui s'ajoutent à ses soins pour tout ce qui ne touche pas directement sa séro-positivité ont fini de ruiner son budget.
Décidément, elle n'a pas bien écouté Nicolas : que ne travaille-t-elle pas le dimanche ?
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