jeudi 18 mars 2010

Dépression et antidépresseurs

L' "épidémie" de dépression, et la prise d'antidépresseurs qu'elle suscite, est un sujet majeur de notre décennie et des deux qui l'entourent. Bien loin des élections régionales qui me tiennent le nez dans le guidon et les pieds sur le terrain. Mais justement...

Je tombe tout à l'heure, malgré ma téléphobie constitutionnelle, sur une émission consacrée aux anti-dépresseurs et, au passage, aux connexions du monde médical avec les laboratoires pharmaceutiques. Je n'évoquerai ce soir que le premier aspect.

Pas de révélation dans cette émission ("Envoyé spécial"), mais la confirmation de ce que nous savons maintenant fermement : les antidépresseurs sont utiles, une part de leur effet est liée au seul fait d'être traité et de prendre un médicament (ce que l'on appelle l'effet placébo) ; ils ont aussi des effets secondaires indésirables : hyperactivité, possibilité d'actes inconsidérés ou violents, pulsions suicidaires, syndrome de sevrage lui-même générateur de troubles.

Un aspect a été complètement laissé de côté et il est, après des années d'expérience, majeur : celui de la dose de prescription.

N'ont été évoqués en effet que le nombre de boîtes consommées, les millions de Français sous traitement et le fait qu'un Français sur trois consomme, a consommé ou consommera des antidépresseurs. Sur les doses et la manière de prescrire, pas un mot.

J'ai prescrit de très nombreuses fois des antidépresseurs. Je ne suis pas psychiatre et quand se présentaient devant moi des dépressions endogènes (qui viennent de l'intérieur du moi et non d'évènements extérieurs), récidivantes, graves, j'ai toujours su passer la main et faire appel au spécialiste dont l'intervention était nécessaire.

Mais j'ai rencontré par centaines des patients qui affrontaient une épreuve, un creux, un vide, une sorte d'épuisement de soi quand ce n'était pas cet épuisement des coureurs de fond devant la suite et la durée de l'effort. Dans ma spécialité, cette épreuve, cet épuisement étaient le plus souvent (mais non seulement) liés au cancer et à la suite des traitements, des examens, des attentes de résultats qu'il impose. Il n'y a pas besoin de dire longuement que cette course-là relève du sport de haut niveau.

Les antidépresseurs à ce moment, - quand les ressources personnelles sont épuisées ou qu'il ne suffit plus de l'échange, de la proximité, de l'amitié, de l'amour, pour les alimenter -sont utiles et nécessaires. Ils ne sont pas un traitement, ils sont un soutien.

La question est alors celle de la dose. Pratiquement jamais, le besoin ne dépasse un comprimé par jour des antidépresseurs les plus connus. Un demi comprimé suffit souvent. Ils sont alors comme la bouée, le petit canard gonflable qui n'empêche pas de faire effort ni de nager, mais qui allège la charge.

Bien souvent aussi, bien qu'il soit difficile de le prescrire quand on est un médecin hospitalier dont on attend du "lourd" , j'ai prescrit du millepertuis. C'est une plante bien innocente, dont les jolies fleurs jaunes garnissent peut-être votre jardin sans que vous en sachiez rien. Cette prescription est difficile car presque toutes les gélules que l'on trouve en France sont insuffisamment dosées pour être utiles. A concentration suffisante, le millepertuis constitue un soutien authentique, qui n'a pas encore reçu l'imprimatur des psychiatres français, mais qu'ils ont la gentillesse de ne pas non plus dénigrer, à la lecture des publications scientifiques américaines ou germaniques.

Voilà. J'avais envie de vous en parler. Cette émission, de qualité, m'a laissé une impression d'inachevé en raison de l'ignorance de cette question de la dose et des formes non médicamenteuses (stricto sensu) des antidépresseurs. Les traitements "doux", les doses de soutien ("supportive care") sont comme une main amicale pour les chemins ardus, sablonneux, malaisés. Ils ne suffisent pas, mais ils servent.

De l' à propos en politique

Même Maire, même adjointe

C'est dans l'extrème dernière ligne droite de la campagne des régionales et alors que l'ump au grand complet devrait avoir pour seul souci de sauver le soldat Darcos, que l'adjointe des quartiers Grand Parc-Paul Doumer, tracte sur le territoire concerné son bilan de mandat.

A l'acmé des régionales, voilà lancées les cantonales.

Avouons que cela fait quand même un peu désordre et que l'électeur qui peine à comprendre les subtilités des découpages administratifs et des modalités du suffrage sera quelque peu désarçonné par ce manque d'à propos.

mardi 16 mars 2010

Les noyaux, pas les cerises

Alain Juppé, jamais en mal d'une critique quand ça va mal dans son camp et qu'il s'agirait de serrer les rangs.

Toujours prêt au contraire à revenir sur des mots "excessifs" quand les sondages ou les votes remontent.

Ce "Et moi, et moi !", permanent, ces graines de candidature jetées dans la moindre fissure, et aujourd'hui à la veille du deuxième tour, ne sont pas d'un homme d'Etat.

lundi 15 mars 2010

Moments de terrain.

Sur le terrain. Partout un accueil de très favorable à courtois.

Dans cette deuxième catégorie, un Monsieur que j'essaye de convaincre d'aller voter. Il me dit poliment "je ne suis pas de gauche". L'expression m'a une fois encore frappée : très rarement, on entend "je suis de droite". Si Sarkozy, Lefèvre, Copée annoncent une "droite décomplexée", sur le terrain on l'affiche exceptionnellement comme telle.

Cet électeur, comme beaucoup, est un déçu de la droite. Qui attendait autre chose, de moins brouillon, de moins cafouilleux, parsemé de moins de couacs. Je n'insiste pas davantage pour qu'il se rende aux urnes..

Une autre qui s'est déclarée "pas de gauche" m'a longuement exposé ses difficultés de commerçants. Je n'ai pas manqué de lui parler des milliers de mêtres carrés de surfaces commerciales du futur éco quartier ginko au lac. Evocation sournoise qui n'est pas resté sans effet. Elle va lire d'un meilleur oeil le document de Rousset.

Pour peu que le temps soit clément, j'aime beaucoup les rencontres de terrain et entre elles, les moments de marche, le nez en l'air dans la ville. Je rappelle aussi aux militants socialistes, cet adage adapté d'un proverbe anglais "une heure de tractage chaque jour éloigne le docteur toujours".

A méditer, et à appliquer cette semaine en cure intensive.

Premiers enseignements à Bordeaux

Le premier, qui nous fait du bien : Alain Rousset est nettement en tête à Bordeaux. Ce n'est que dans les bastions de droite (Caudéran, troisième canton c'est à dire centre ville) que Darcos le devance de 5 points. La situation est cependant nuancée, même dans ces "bastions" et Rousset l'emporte par exemple sur Saint Bruno où un travail de terrain exemplaire a été éffectué.

Dans tous les autres cantons, Rousset l'emporte largement et quelquefois très largement : de 25 points à la Bastide et à Bordeaux nord, de 20 points à Bordeaux sud.

La page est d'ores et déjà tournée des mauvais résultats des élections municipales.

Deuxième enseignement : la mobilisation est médiocre comme partout ailleurs. Mais elle l'est plus que partout ailleurs dans les quartiers considérés comme populaires (55%). Même si cela est habituel, nous devons reconnaître que nous n'avons pas su y démontrer suffisamment l'importance nationale de ce vote à l'encontre de la politique du gouvernement.

C'est là que nous devons être très présents dans l'entre-deux tours.

Et pour tout vous dire, je m'y rends à l'instant, de concert avec la conseillère municipale Martine Diez...

dimanche 14 mars 2010

Bordeaux !

PS Rousset 35,19 % ump Darcos 28,4 verts de Marco 13,4 modem lassale 6,78 FN 6,48 PG Boulanger 5,64

Bravo Bordeaux !

Avis de grand beau sur la côte ouest

Rousset à 38%, Darcos à un peu plus de la moitié, ce ne sont que des estimations, mais des estimations qui font du bien.

A tous. A ceux qui ont géré la région, Alain en tête, à ceux qui sont candidats à ses côtés sur sa liste, aux militants qui ont fait campagne et à tous les Aquitains.

Avis de grand beau sur la France entière où le PS et la gauche l'emportent sans discussion. Lourde pénalité à la droite qui depuis des mois discrédite les régions et le paye aujourd'hui en taux d'abstention. Lourde pénalité aussi à ceux qui voulaient "du gros rouge qui tache" avec le débat sur l'identité nationale et le payent aujourd'hui au prix fort du score du front national.

J'attends avec impatience, on s'en doute, les résultats de Bordeaux. Forte abstention dont nous n'avons pas encore les chiffres, premières estimations évoquant la possibilité d'un coude à coude PS-UMP, mais en aucun cas d'un ressaut ump, malgré la lettre que le Maire de Bordeaux a distribué in extremis sur la ville.

Triste moyenne

Autour de 30% à 16 heures, avec de grandes disparités d'un centre de vote à l'autre, comme entre les bureaux de vote. 6 à 10 points de moins qu'aux dernières régionales où les enjeux, spécialement les enjeux nationaux, étaient moins cruciaux.

Raisons à cela ? L'une au moins mérite qu'on y réfléchisse pour y pallier : la plaie des sondages qui donne aux électeurs l'impression que le match est terminé alors qu'il n'est pas commencé. De même l'annonce d'une forte abstention qui incite à penser "si personne ne s'intéresse à ces élections, pourquoi, moi, me déplacerais-je ?"

De plus en plus de gens ne perçoivent plus une stricte séparation entre le virtuel et le réel. Les scores annoncés de plus en plus remplacent les scores prononcés et démobilisent les électeurs.

Mais à quoi servent les mairies de quartier ?

Première mi-temps de matinée avec Emmanuelle Ajon, deuxième mi-temps avec Florence Lamarque, toutes deux candidates sur la liste d'Alain Rousset.

Dans notre tournée des bureaux de vote, une surprise : la mairie de quartier du Grand Parc, traditionnel lieu de vote de ce grand quartier depuis sa création, était fermée et les bureaux de vote relégués à l'école maternelle Condorcet, moins visible, moins accessible et surtout moins légitimement destinée à cette fonction.

La question est aussitôt apparue : à quoi servent donc les mairies de quartiers ? Non seulement les "historiques", comme Caudéran ou le Grand Parc, mais celles qui ont été nouvellement crées à des fins d'élections cantonales par le Maire de Bordeaux ?

C'est simple : à fournir un QG électoral aux futurs candidats aux cantonales. Le Grand Parc est de ce point de vue un exemple. Trois pièces y ont été aménagées pour le staff de l'adjointe de quartier et son bureau. Et c'est pour cela qu'en dernière heure, sans que personne n'en soit averti (sauf les destinataires du phoning municipal particulièrement intense ces derniers jours pour envoyer au vote les "bons" électeurs), les urnes ont été déplacées dans l'école maternelle Condorcet.

Les autres, les "mauvais" électeurs, se sont retrouvés devant la Mairie, prêts à repartir, devant un tout petit panneau leur indiquant, sans le moindre plan, que le vote n'avait pas lieu là.

Aux urnes !

En route pour une grande journée de bureau de vote en bureau de vote, à la rencontre de tous ceux, de gauche et de droite, qui consacrent aujourd'hui leur journée à faire que la démocratie fonctionne : présidents, assesseurs, délégués, scrutateurs ce soir, tous ceux-là sont les artisans de cette démocratie "le pire des systèmes, à l'exception de tous les autres. Coup de chapeau aussi au personnel municipal, toujours très accueillant aux votants comme aux visiteurs.

A la rencontre aussi de ceux qui ont compris l'importance de se déplacer pour voter, en général mais aussi pour ce vote particulier dans la situation grave où est notre pays.

Première étape dans mon canton "Grand Parc-Jardin public" avec Emmanuelle Ajon, candidate sur la liste d'Alain Rousset.

A tout de suite !

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