lundi 8 février 2010

Identité nationale

Moment de franc amusement, ce matin dans ma voiture, à l'écoute de France info. Laurent Joffrin s'oppose à Syllvie Pierre-Brossolette dans le "duel" quotidien qu'organise la chaîne.

Le débat porte sur l'identité nationale. On dérive, comme d'hab', sur les jeunes des banlieues qui ont un problème d'identité, n'étant ni de là-bas, ni d'ici, que l'on fustige quand ils sortent les drapeaux à l'occasion des victoires au foot de leur pays d'origine etc; etc;

Laurent Joffrin rassemble le débat :

"J'en connais qui ont un problème plus grave encore avec l'identité nationale, et auxquels on ferait bien de faire chanter la Marseillaise chaque matin en arrivant dans leurs bureaux ...

Silence intéressé du journaliste qui appelle à poursuivre.

"Eh bien oui, ce sont les banquiers qui investissent ici ou là sans se soucier de l'impact sur l'économie de leur pays. Et puis aussi, ceux qui mettent leurs capitaux en Suisse. Ceux-là ont un vrai problème d'identité nationale. Est ce qu'il ne faudrait pas leur apprendre les valeurs de la République et voir un peu s'ils connaissent les paroles de notre hymne national avant de les laisser continuer d'éxercer?" ...

Le spectacle des banquiers consignés à chanter la Marseillaise ou à écouter la lecture de la lettre de Guy Môquet à intervalles réguliers ne manque ni de pertinence ni de sel. Joffrin a mis tous les rieurs de son côté. Les rieurs n'étant pas ceux qui ont envie de rire, mais ceux qui en ont besoin. Il a rallié 100% des Français.

Réforme n'est pas relance

Le projet de loi "portant réforme portuaire", voté en 2009, prévoit le détachement du personnel de manutention et le tranfert des outillages aux opérateurs privés locaux. Ce projet a été "vendu" dans l'hémicycle au prix d'un plan de relance de nos grands ports, immédiatement sonnant et trébuchant en terme de financement et en retombées sur l'activité de chacun.

Nous nous sommes portées vendredi dernier, avec ma collègue Conchita Lacuey à la rencontre des syndicats et des salariés et nous avons visité les installations de Bassens et les ateliers de Bordeaux-Bacalan.

Ce n'est pas sans une pointe d'émotion que nous sommes entrées dans "les ateliers de charpente", marqués aux armes de Bordeaux auxquelles est surimprimée une ancre de bateau. A côté d'eux, les ateliers de maintenance, très modernes, tous les deux abritant un savoir-faire qui a été salué dans l'hémicycle au cours de la discussion de la loi.

A Bassens, nous avons pris la mesure de ce que sont "les outillages" : des grues monumentales, des portiques, chiffrant chacun à plusieurs millions d'euros. Les conditions de leur transfert intéressent au plus haut point les élus : ils ont en effet été financés en grande partie par les collectivités territoriales (Conseil général et Conseil régional), partenaires du port et impliquées dans son avenir.

Or, à ce jour, nous ne connaissons rien des conditions financières de ce transfert et nous allons interroger précisément le gouvernement sur ce point.

45 salariés sur 75 vont être détachés à une société formée par les deux opérateurs locaux (Sea Invest et Balguerie), où le Port conserve une minorité de blocage de 20%. Les 30 autres vont bénéficier (comme on dit) de "mesures d'âge".

Le bât blesse grandement en ce qui concerne la "relance" qui était supposée porter la "réforme". Aucun des sept Grands Ports Maritimes n'en a vu à ce jour l'impact en terme de projets et d'activité. Quant à l'enveloppe financière, prévue à hauteur de 170 millions d'euros, elle est chichement distribuée. L'Etat, impécunieux comme on sait, mesure ses allocations au prétexte "qu'il faut attendre les projets pour pouvoir financer".

Ceci est entièrement faux, pour le moins en ce qui concerne Bordeaux. Les 14 millions demandés par le Port le sont pour des investissements fondamentaux, structurels qui ne dépendent aucunement du type d'activité, mais ils en sont conditionnels (accès à l'estuaire, aménagement des passes, viabilisation du foncier..). A ce jour, 5 millions d'euros seulement sont inscrits à destination de Bordeaux.

Cela pourrait être le slogan de la politique gouvernementale : nous avons la réforme, nous ratons la relance. "Le choc de croissance", promis en juillet 2007 pour faire passer la loi TEPA, s'est traduit comme on sait par un mouvement de récession.

La crise a bon dos, mais elle n'explique pas cette panne. En ce qui concerne les ports, la médiocre situation de la France qui perd régulièrement des marchés au profit des ports espagnols et des ports du nord de l'Europe, en pleine croissance, est particulièrement démonstrative. L'Etat n'investit pas en fonction de la productivité économique, il fait des cadeaux à ses amis.

Le déclin des ports français alors que tous les autres prospèrent, comme le fait d'ailleurs le transport maritime en général, est un véritable cas d'école de la politique de notre pays depuis une décennie, voire davantage. Raison de plus de les défendre, localement et au plan national.

(voir aussi le compte rendu de la rencontre portuaire du 5 février en pages Bordeaux de ce blog)

dimanche 7 février 2010

"Je pense, mais suis-je ?"

L'imagerie cérébrale et les neurosciences sont en passe de poser les problèmes les plus cruciaux de la bioéthique parce qu'ils touchent à la plus fascinante singularité de l'homme : la conscience.

Une travail récent publié dans le New England Journal of Medicine fait état d'une expérience qui remet en question la définition même du coma et des états végétatifs, les uns et les autres caractérisés par l'absence de toute réactivité.

Un homme dans le coma depuis plus de cinq années est invité à imaginer deux situations : dans l'une, il participe à un match de tennis, dans l'autre, il se promène dans sa maison. Son cerveau, enregistré par Imagerie à Résonance Magnétique, s'illumine successivement dans des zones identiques à celles qui réagiraient chez un homme normal.

On l'interroge ensuite sur le prénom de son père. "Votre père s'appelle-t-il Thomas ?" "Votre père s'appelle-t-il Alexandre ?". Dans le premier cas, la réponse est "oui" et dans le deuxième, c'est "non", mais l'IRM ne sait pas à ce jour identifier les zones correspondant à "oui" ou à "non", sans doute trop complexes, trop infimes, ou peut-être variables selon la question.

On l'incite alors à imaginer le match de tennis pour "oui" et la promenade dans sa maison pour "non".

Et l'homme, sans aucune réaction cliniquement décelable, donne la bonne réponse. Enfin, pas lui : son cerveau.

Cette expérience est à la fois fascinante et terriblement effrayante. Ce cerveau, depuis cinq ans, continue donc de fonctionner dans une sorte de noir et d'immobilité infinie qui ne manque pas d'évoquer une prison intérieure. Ce fonctionnement est-il assimilable à une "conscience", comme le laisse penser le fait de répondre ?

A l'hôpital, par une sorte de présomption qui s'avère presque une prémonition, j'ai toujours interdit que l'on prononce autour d'un malade dans le coma quelque parole que ce soit' 'qu'on ne voudrait pas qu'il entende'' . Pas de "il est temps que ça finisse" ou autre variante. Au contraire, j'invitais les familles à ne pas se priver de paroles ou de gestes d'affection.

Pascal comparait le savoir à une chandelle et l'homme à un curieux explorateur qui s'enfonçait, chandelle à la main, marche après marche dans l'escalier sans fin de l'inconnu. Arriverons-nous un jour à demander à une personne en état végétatif "Voulez-vous que l'on vous débranche ? Pour oui, pensez au tennis... etc..

mercredi 3 février 2010

Service civique : un pas en avant, où les mots pèsent de tout leur sens

Je planche demain dans l'hémicycle sur le Service civique, petit frère, je l'espère plus fortuné, du Service civil qui ne concerne chaque année que 3000 jeunes Français quand il y en a 200 000 en Allemagne qui s'engagent sur un programme comparable.

C'est un sujet qui me tient à coeur. D'abord, parce que j'ai pu mesurer sur le terrain", l'engagement et l'utilité des jeunes et de l'associations "Unis-cité" qui les encadre. Plus encore, parce que je crois en la valeur fondamentale de ce qu'il représente.

Le mot "civique" n'est pas innocent. Trop oublié, il est là pour rappeler ce qu'est un engagement citoyen, bâti autour des valeurs de partage et d'échange.

Le mot "service" non plus. Le service civique n'est pas un emploi au rabais, mais une période où l'on se met au service des autres. Etymologiquement, on en devient le "Ministre". Ah, si les Ministres savaient ce que le mot veut dire !

Le texte dont nous débattons demain est issu d'une proposition de loi de la gauche. Reconnaissons (pardon, M le Haut Commissaire) que Martin Hirsch a un peu trop tendance dans sa communication à en faire "son" projet. Mais non, Martin, le service civique c'est nous ! Projet de loi d'abord, proposition ensuite, c'est la gauche et encore la gauche qui a enfoncé le fer à plusieurs reprises pour venir en recours de la hâtive suppression du Service National.

Demain donc, nous débattons du contenu, de l'étendue, des ambitions mais aussi du financement du Service civique.

L'ambition est de voir 10% d'une classe d'âge en bénéficier. Mais aussi de faire comprendre des jeunes, tous les jeunes, les paumés comme les culturés, que l'engagement civique peut constituer une "unité de valeur" dans un cursus universitaire ou professionnel et davantage encore, une chance de trouver sa voie et de se réaliser dans un job auquel on n'avait pas pensé, qu'on n'avait même pas imaginé possible.

Avec Unis-cité et les jeunes du Service civil, j'ai pu financer un projet d'accès à l'informatique de trois maisons de retraite et EHPAD de Bordeaux. Les jeunes expliquent, animent et c'est un succès. Les âgés communiquent avec leur famille, reçoivent les photos des petits enfants et des nouvelles de la vie sociale et politque de la ville et sont dix fois plus heureux qu'en écoutant des chansons de Pascal Sevran.

Rien n'est parfait. Nous aurons demain des exigences en terme de diffusion de l'information, de valorisation, d'extension au niveau européen et à celui de la coopération décentdralisée.

Mais c'est un pas. Et, pour une fois, pas un pas en arrière.

Freud tombe dans le domaine public

Titre très lacanien, qui pourrait réunir des séminaires d'experts et constituer d'inépuisables sujets de colloques. "Tomber", pourquoi "tomber" ? Entre le conscient et et l'inconscient, où donc est situé le "domaine public" ?

"Tomber" est-il utilisé de la manière presque paradoxale où il l'est dans "tomber amoureux" ou "tomber enceinte" ? Y a-t-il au contraire dans ce "tomber"-là un ressenti, un vécu, un redouté qui l'apparente à la chute camusienne ?

Mieux vaudrait-il dire "monter dans le domaine public" étant donné la proximité du ciel que pré-suppose ce nouvel état, lequel requiert un post mortem de 70 ans tout juste ?

L'affaire n'est pas anodine et encore ce n'est qu'un début. Le champ du vocabulaire comme celui de l'analyse elle-même va se trouver secoué de ce nouvel état de l'oeuvre freudienne par bien d'autres voies...

L'entrée dans le domaine public s'accompagne immanquablement d'une floraison d'éditions et de traductions nouvelles, l'exploitation de l'oeuvre étant désormais libre et gratuite.

En ce qui concerne Freud, rien n'est innocent, on le sait, mais les traductions le sont moins encore que rien..

Le problème en effet c'est que le traduire est déjà une option prise sur toute la doctrine psychanalytique. Quand il écrit, anticipant Magritte, "ceci est une pipe", ce n'est pas d'une pipe qu'il s'agit, ni même de l'acte de fumer, pas davantage d"un désir contraint par le sur-moi.

Un mot, enfin deux, sont particulièrement au coeur de l'infini dilemme de la traduction freudienne : la peur et l'angoisse.

Tout le monde sait que "Qui a peur de Virginia Woolf" est en réalité un anxieux et que cette anxiété est elle-même creusée par une peur originelle. Tout le monde (du moins les germanophones que sont les traducteurs) qu'en allemand les petits enfants "haben Angst vor dem Hund" quand, de l'autre côté du Rhin, nos enfants à nous, en ont peur.

Des dizaines de nouvelles traductions, cela signifie des dizaines de manières de jouer des rapports incestueux entre "peur" et "angoisse".

Voilà qui n'est pas prêt de nous en délivrer.

lundi 1 février 2010

Le juge dans un "gouvernement" difficile

Beaucoup plus importante et intéressante que la "scène de genre" rapportée dans le billet précédent, la charge, ce matin à l'Ecole Nationale de la Magistrature, de Pierre Mazeaud contre l'inflation législative.

Pierre Mazeaud, Président honoraire du Conseil Constitutionnel fait partie de ces hommes respectés dont on sait qu'ils n'usent, ni leur plume, ni leur parole en d'inutiles pamphlets. Tout au plus, lui a-t-on reproché (à raison) de faire partie de la composition arbitrale qui a décidé des compensations attribuées à Bernard Tapie et d'avoir touché pour cela des honoraires peu en rapport avec la rigueur du personnage.

Il a ce matin fait la preuve de l'acuité de son esprit, de la force de son jugement et - peut-être - de son humour ...

Son intervention avait en ligne de mire l' inflation législative qui déroute les juges, alourdit leur charge de travail, tout en amincissant la force de leurs références.

Dans cette "solitude qui est bien souvent une vertu", comment savoir quel alinéa, quelle loi supplémentaire promulguée avant que la précédente ait trouvé le début d'un commencement (de décret) d'application, sert de base au jugement ?

"Le journal officiel avait cent pages il y a vingt ans, il en a mille aujourd'hui. Plus on le dit, plus on dénonce cette inflation, plus il grossit".

Je cite ses propos mot à mot. Encore n'a-t-il pas parlé de l'immense déception des députés croyant en la force de la loi, en la précision de ses termes, en l'importance de leur rôle (de ceux-là, il y a à gauche et à droite), de se voir gavés, comme oies du Périgord, de textes hâtifs, élaborés au gré de l'évenement, mal écrits, inutiles et, non seulement incertains, mais bien souvent dangereux.

Pierre Mazeaud encore : "La solitude est bien souvent une vertu". Et de parler de la solitude du juge, non seulement en face de dédales de lois sans force, ni rigueur, mais devant "la terrible tâche interprétative du juge en face des multiples dispositions de la procédure pénale. Plus de 20 textes en quelques années..."

Plus révélateur encore, et du fond de sa pensée, et de la réalité, le beau lapsus qui lui a échappé :

"Cette opinion (l'opinion des juges) se détermine souvent au sein d'un gouvernement difficile".

Il s'est repris : "...au sein d'un environnement difficile".

Docteur Freud, merci, de donner bien souvent à la vérité le poids de l'inconscient.

Elégance et courtoisie

Cérémonie très formelle ce matin à l'Ecole de la Magistrature pour le baptême de la nouvelle promotion, en présence de hautes et respectables personnalités comme le Président honoraire du Conseil Constitutionnel Pierre Mazeaud, le Procureur général Nadal, le premier Président de la cour de Cassation Vincent Lamanda et tous les représentants des corps constitués.

A l'issue d'un débat très remarquable, ce noble aréopage s'avance vers le parvis de l'Ecole pour y attendre la Ministre Alliot-Marie.

L'excellente députée de la première circonscription de Bordeaux, Chantal Bourragué, que je saluais d'un conventionnel mais souriant "Bonjour Chantal" lance en réponse un tonitruant :
- "Eh bien, je vous félicite pour votre torche-balle !"

J'interroge ma commère : il s'agissait de ma lettre cantonale. Quant à "Torche-balle", l'expression m'était à ce jour inconnue et j'ai dû en analyser les deux termes pour approcher de son sens profond.

Le ton était à l'unisson du vocabulaire. Même Alain Juppé, dont le visage aurait dû s'éclairer de la pertinence de l'apostrophe, a regardé ailleurs.

samedi 30 janvier 2010

Tramway : bonne, très bonne nouvelle !

Le report des travaux de la ligne D du tramway est une très bonne nouvelle !

Très bonne nouvelle pour Fondaudège, très bonne nouvelle pour Caudéran. Et quels que soient les motifs (pour une bonne part, très éloignés de l'intérêt général) de ce report, le résultat est sans appel : nous pouvons de nouveau espérer que la raison l'emportera dans ce dossier.

De quoi s'agit-il ? D'un côté le passage de ligne D par une des artères les plus commerçantes de Bordeaux, qui maintient au sein d'un quartier principalement résidentiel une vraie vie de quartier et une indéniable convivialité. C'est au nom de cette vie de quartier, d'une conception de la ville où les relations de proximité comptent que, depuis l'ouverture du dossier, je me suis prononcée contre le choix de l'itinéraire Fondaudège qui risquerait de sécher ce que cette artère a mis beaucoup d'années à construire.

De l'autre, le passage de cette même ligne par la rue Capdeville et la désserte de Caudéran, véritable ville de 40 000 habitants à l'ouest de Bordeaux. Jacques Chaban Delmas avait habilement fusionné Caudéran à Bordeaux, s'assurant ainsi d'un vote majoritairement bourgeois qui n'a d'ailleurs jamais faibli malgré la faiblesse des investissements d'Alain Juppé dans ce "beau quartier" qu'il considère comme génétiquement acquis à la droite.

Le même Alain Juppé a décidé un matin en se rasant que le tramway passerait rue Fondaudège, et que les Caudéranais, comme d'hab', pouvaient attendre des jours meilleurs.

Sauf que... Le calendrier a ses raisons qui imposent à l'occasion de se dédire une fois de plus et Alain Juppé vient d'en réaliser l'évidence. Les travaux de la ligne D devaient commencer rue Fondaudège en 2011, année des élections cantonales et banalement située avant 2012 qui se trouve elle-même être l'année des élections législatives.

Pas de chance, puisque la rue Fondaudège se trouve à l'exacte limite du canton renouvelable en 2011 et de la circonscription renouvelable en 2012. Même le Secrétaire d'Etat au découpage polique Alain Marleix n'a plus le temps de remettre tout cela en bon ordre ! Tous les habitants de Fondaudège et d'alentour risquent de mal voter en pleine période de travaux du tram, contre lequel ils sont unanimement. Et Juppé de voir ses chances amoindries de récupérer "mon" canton et "ma" circonscription, la deuxième lui étant indispensable à l'assouvissement de son grand destin national.

Voilà pour l'arrière plan : peu glorieux, convenons en.

Mais dans les faits, et c'est cela l'important : ce délai de deux ans est une aubaine pour les élus sérieux qui mettent la sincérité de leur engagement avant les circonstances de leur réélection et surtout, surtout, pour l'intérêt des Bordelais, qu'ils soient riverains de Fondaudège ou habitants de Caudéran.

Pour ma part mon engagement dans ce dossier ne faillira pas jusqu'en 2012. Et moins encore, après.

jeudi 28 janvier 2010

Propositions à Juppé : "Mais où en sommes-nous arrivés ?"

Nicolas Sarkozy l'a-t-il proposé (il le dément), ou n'en a-t-il rien fait (Juppé affirme le contraire), on se doute que je n'ai pas à coeur de départager ces deux grands experts en communication.

Tout simplement, parce que l'important n'est pas là. Ce qui est incroyablement choquant, c'est qu'Alain Juppé ait fait de son propre chef l'annonce de la proposition -vraie ou fausse- qui lui aurait été faite de succéder à Philippe Seguin, en profitant au passage pour motiver son refus par son amour "durable" pour les Bordelais.

Qu'est-ce qui est grave ? C'est que la République est bien bas pour qu'une personnalité prenne l'initiative d'annoncer les postes qu'on lui a proposés, ou qu'on lui a refusés.

La tradition républicaine l'interdit et je pourrais citer plusieurs noms (hommes et femmes) auxquels des maroquins ministériels ont été proposés et qu'ils ont déclinés sans en rien dire.

Alain Juppé est expert en le contraire. Il a affirmé que lui avaient été proposés le Ministère de l'Education, le Ministère de l'environnement et du développement durable (pour la deuxième fois), d'autres sans doute, sans qu'il y ait à ses assertions le moindre étai.

Au passage, il s'est attiré l'amitié des Ministres alors en charge (Darcos et Borloo) que, de facto, ses déclarations faisaient passer pour des seconds couteaux, remplaçables au bon gré de notre premier édile.

C'est sur le plan humain, inélégant et au rang de la pratique républicaine, incroyablement décevant.

Un député que je côtoie à l'Assemblée, ancien Préfet, a eu ces mots après l'article des "Echos" et la "révélation" de Juppé sur les offres sarkoziennes : "Mais où en sommes-nous arrivés..."

C'est une question qu'à gauche comme à droite, nous sommes nombreux à nous poser. Le prochain "plus haut personnage de l'Etat" devra y répondre.

Réforme territoriale : informons-nous, débattons !

La réforme territoriale, actuellement en examen au Sénat, est un texte complexe mais dont l'impact sur la vie quotidienne des Français et des associations est lourde

J'invite les Bordelais à s'informer et à en débattre,

Demain 29 janvier à 18 heures 30
salle de la Mairie de quartier
au Grand parc, place de l'Europe

en présence d'Alain Anziani et Françoise Cartron,
sénateurs de la Gironde

A demain !

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