mardi 7 septembre 2010

La pénibilité au coeur des protestations contre la réforme des retraites

Premiers échos des manifs, venant des sidérurgistes de Lorraine. Quel mépris pour le monde ouvrier, quel mépris pour des décennies de progrès médical, de ne pas prendre en compte la pénibilité au stade de la prévention, mais au stade de l'invalidité !

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Double sens

Deux députés dans les couloirs de l'Assemblée :

- Et Eric Woerh, ça va ?

- Il encaisse..

dimanche 5 septembre 2010

Le club des vieux durables

Lors du Séminaire de l'"Assemblée des femmes" qui se tenait à La Rochelle autour d'Yvette Roudy, nous avons débattu (entre autres) de diversité générationnelle. Chacun(e) a reconnu les dégâts du "jeunisme", l'importance du vocabulaire dans les échanges entre générations, et aussi la difficulté radicale à employer le mot "vieux" ou "vieillir".

Pour les hommes, c'est simple, c'est un mot qu'ils ne connaissent pas. Dans mon groupe de travail "politique de l'âge" à l'Assemblée, ni garçon, ni barbon, aucun, strictement aucun, élément du sexe masculin. Sans doute celui-ci, tel Faust, a-t-il passé un pacte avec le diable pour se prémunir de verser dans cette inexorable condition. Je ne suis pas tout à fait sûre que les électeurs, et d'abord les votants majoritairement âgés, leur en sachent gré. Quoi qu'il en soit, prenons-en notre parti, on ne les refera pas d'un coup et on trouvera toujours comme adjoint au Maire ou Secrétaire d'Etat en charge des personnes âgées, des femmes.

Je m'égare un peu. Revenons au mot. Il est vrai, qu'au contraire de l'anglais, la langue française n'a pas de verbe dépourvu de connotation négative pour exprimer le vieillissement. Il faut recourir à la périphrase "avancer en âge" pour trouver le correspondant de "to age", le plus souvent utilisé au participe présent "ageing".

L'unanimité s'est faite pour dire qu'il fallait bousculer le vocabulaire et soit trouver un remplaçant à "vieux" qui ne soit pas l'horripilant "seniors" ou le patelin "ainés" , soit relooker le mot "vieux", le regonfler à l'humour et si possible le rendre sexy.

Il y a quelques jours, un article du Monde, me confirmait dans l'idée que j'appartenais bien à ce groupe des vieilles et des vieux. Bien que, papy boom aidant, les employeurs commencent péniblement à considérer leurs salariés de plus de 50 ans un peu autrement que comme des "has-been" trop payés, une étude issue du Ministère du travail demeure inquiétante. Le verdict est là : on est un "senior" à partir de 55 ans, et un senior âgé à partir de 58 et demi, c'est à dire bien avant l'âge légal de départ à la retraite.

Les conséquences ne se font pas attendre : moindre accès à la formation à partir de 55 ans, chances d'embauche réduites à zéro à partir de 50.

Moralité (immorale au demeurant) : vieille, je suis et vieilles nous étions nombreuses à l'être à l'Assemblée des femmes. Nous avons décidé qu'il ne fallait pas attendre nos homologues masculins pour en être fières et le proclamer, il fallait s'en charger nous mêmes.

Car si nous sommes vieilles, nous avons la ferme intention de le rester longtemps, et pendant tout ce temps, d'agir, d'embêter ceux qui le méritent, de secouer ceux qui en ont bien besoin et de réveiller ceux qui ronflotent .

Tant et si bien que j'ai proposé sur ces bases à mes congénères de plus de 55 ans de créer un club : "les vieilles durables".

Les adhésions sont ouvertes, sous réserve de p(m)arrainage. Et tant qu'on y est, si quelques extra-lucides du sexe masculin veulent nous rejoindre, nous les prendrons.

samedi 4 septembre 2010

Le jour où je ne serai plus indigné...

Gustave Flaubert est, aujourd'hui 4 septembre, l'invité du blog

"Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir. L'admirable, c'est qu'ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j'ai entendu de jolis mots à la prudhomme.

Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de très complexe. On la retrouve chez tous les gens d'ordre. C'est la haine qu'on porte au Bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère. Le jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton".

(Lettre de Flaubert à Georges Sand)

mercredi 1 septembre 2010

Ecoles privées hors contrat : l'insuffisant pouvoir des instances académiques

L'affaire Saint Eloi-Saint Projet à Bordeaux, révélée par l'émission "les infiltrés" du 27 avril 2010, a levé bien des lièvres.

Toute proportion gardée, l'effet détonateur et multiplicateur est du même ordre que celui des enregistrements cachés au domicile de Liliane Béttencourt. Dans les deux cas, sans ces événements, la dalle serait restée scellée sur des problèmes qui sont autant de dossiers d'envergure nationale.

Dans le terrier levé à Bordeaux, la question, elle-même multiple, des établissements privés hors contrat.

"Hors contrat" ne doit pas vouloir dire "Hors la loi". C'est pourtant partiellement le cas ; défiscalisations équivalant de facto à un financement d'Etat, insuffisant pouvoir de l'Education nationale, placent ces établissements en dehors de la règle commune.

L'émission de France 2 a révélé au collège Saint Projet la tenue de propos racistes et la dispensiation d'un enseignement proche du révisionisme, toutes choses tombant sous le coup de la loi.

Deux inspections diligentées à Saint Projet par l'inspection académique ont démontré un manquement au Code de l'éducation relatif aux objectifs du socle commun d'éducation inscrits dans ce code. Pour faire simple : l'enseignement dispensé s'écartait du socle de connaissance exigibles parce que susceptibles de garantir l'égalité entre les petits Français. Cette formulation, un peu empoulée pour le lecteur ordinaire, veille à ne pas s'écarter des formules de la loi. L'intégriste est par nature procédurier et je recommande à chacun de ne pas lui prêter la main.

Quel pouvoir avaient, à l'issue de ces inspections, les responsables académiques ? Un pouvoir totalement insuffisant. Pleinement avertis de l'état de nature signalé en fin de paragraphe précédent, ils ont examiné les textes au microscope à double entrée. Avec raison.

Leur pouvoir a été de signifier à l'établissement et aux familles la nécessité d'inscrire les enfants pour la rentrée suivante (demain 2 septembre) dans un autre établissement.

Ce pouvoir a encore été affaibli par le fait que l'établissement a refusé de communiquer les adresses des familles et l'un des commentateurs fidèles de ce blog s'est gaussé de ce que les parents n'avaient rien reçu. Il en savait bien la raison. "Procédurier" n'est souvent pas très éloigné de "déloyal". Je parle de façon très générale, on le comprend.

La directrice de l'école a répondu qu'elle avait radié les enfants Et déposé une demande d'ouverture d'un nouvel établissement. Dans les mêmes lieux. No further comment.

Ceci est inacceptable. Le principe d'égalité est intangible. Lois et règles doivent être les mêmes pour tous.

A titre de comparaison, si le Conseil de l'Ordre des médecins constate (ou est averti) d'un manquement au Code de la Santé publique de la part d'un de ses praticiens , il réunit une commission disciplinaire qui décide de quatre niveaux de sanction dont les deux derniers sont la suspension provisoire d'activité ou la radiation définitive.__

Pour un manquement au Code de l'éducation, qui n'est pas moins grave qu'un manquement au Code de la Santé, puisqu'il contrevient à la loi et, de plus, au principe d'égalité inscrit dans la constitution, les responsables académiques sont démunis du pouvoir de suspension ou de fermeture d'un établissement.

C'est le sujet de l'interpellation que je viens d'adresser au gouvernement que l'on trouvera in extenso en page "Bordeaux".

mardi 31 août 2010

Si on s'aimait ?

Non, je ne vais pas vous le faire à la Ségolène. Ce titre n'est qu'un clin d'oeil.

Mais quand même... Si on se respectait un tout petit peu, si on y mettait un peu d'humour de temps en temps ?

L'incommensurable stupidité des moeurs politiques me laisse toujours d'abord pantoise, et puis triste, beaucoup triste, beaucoup déçue. Quand verrai-je Alain juppé éclater de rire en me voyant et dire "Michèle, quand même, ça commence à faire ! Vous faites votre job, moi le mien, tout ça n'est pas méchant".

Au lieu de s'appliquer si fort, d'abord à ne pas me voir dès qu'il m'a vu, puis dès qu'il n'a plus pu ne pas me voir, de tenter de retrouver sa couleur naturelle et de me saluer d'une main et d'un dos raide, associé à un "bonjour Madame" de salle d'audience.

Pourquoi tous ces gens ne se comportent-ils pas normalement ? Perdent-ils le bon sens ? Pourquoi Eric Woerth n'a-t-til pas compris qu'à force de dire qu'il n'y avait pas de problème, rien que le bon droit, il accumulait sur sa tête à la fois les problèmes et l'évidence d'une mauvaise justice ? Pourquoi Alain Juppé ne reconnait-il jamais qu'il s'est trompé, qu'il a été imprudent, comme pour la dévolution de Saint Eloi ? Pourquoi ? Pourquoi ces hommes qui nous gouvernent ne sont-ils, non seulement que des hommes, mais pas même des hommes de bon sens, et en tout cas pas des grands hommes ?

Pourquoi ?

J'ai plein de réponses mais je préfère laisser la question ouverte.

Quand la stupidité le cède à la bêtise

La visite de la maison éco-citoyenne par Valérie Létard a été l'occasion d'un festival dans ces deux domaines en raison de l'attitude de ma collègue ump de la circonscription voisine : Chantal Bourragué.

Disons-le simplement, Chantal n'agit pas que de son propre naturel. Comme le Ministre Eric Woerth, elle suit les consignes du patron de l'ump ; dans ce cas, le patron local de cette organisation, dont il est aussi le fondateur..Ainsi sont les moeurs en ce parti.

Je me rends donc à cette visite, comme il se doit pour un Député, d'accueillir dans sa circonscription les Ministres de la République, d'autant que j'ai fréquemment échangé à l'Assemblée avec Valérie Létard de manière courtoise et positive.

Me voilà donc à ses côtés et un moment après aux côtés du Maire et elle en arrière par le jeu de la marche. Mme Bourragué se précipite, me presse de me déplacer "ne restez pas à côté d'Alain Juppé, laissez le donc respirer". Comme je n'obtempère pas, jugeant qu'Alain Juppé était en plein air et que, quelle que soit la qualité de ses bronches, il ne courrait aucun risque. Elle me bouscule donc, me contourne, se plante devant moi face aux photographes et me donne par l'arrière un coup de fesse pour me pousser et assurer ainsi le cordon sanitaire nécessaire au Maire de Bordeaux.

la grave faiblesse de ce petit fait médiocre est qu'il déshonore le mandat de Député et dévalue l'ordre républicain.

lundi 30 août 2010

Comment peut-on être aussi bête ?

C'est une interrogation que l'on peut qualifier de réconfortante, si l'on se place du point de vue du PS, ou de radicalement désespérante si l'on se situe au niveau de l'humanité toute entière.

La réponse est en effet : on le peut.

Et l'ump est de ce point de vue un cas d'école.

La nomination de Dominique Dord au grade de trésorier de ce parti, à vrai dire assez mal en point, est exemplaire en effet. Non que ce député n'ait pas bonne allure. Sourire avenant, silhouette sportive et comptant parmi ceux qui saluent non seulement les huissiers mais les députés d''opposition. C'est dire.

Mais choisir pour trésorier, dans le récent sillage des batteries entières de casseroles d'Eric Woerth et de son maître, un député ayant fait ses armes professionnelles chez l'Oréal et ayant transformé l'essai en créant son micro parti, disons -le entre nous, c'est quand même d'une bêtise à couper au couteau.

Il y a deux situations où l'on peut faire les pires "... ". Disons : les pires "stupides erreurs" pour n'offenser ni le vocabulaire, ni la décence : quand on est au faîte du succès ou quand on est au fond du trou.

Sarkozy illustre les deux.

Pas de livres dans les écoles !

A-t-on vraiment besoin de livres pour enseigner et pour apprendre ? C'est le nouveau défi lancé à l'école publique. Très justement, un professeur a pris la parole sur ce blog. J'ai trouvé son texte si intéressant que j'ai demandé à son auteur(e) (Sandrine Doucet) d'être l'invitée du blog.

Elle nous demande des propositions... Son texte pose d'abord des questions : comme l'hôpital public, l'école publique n'est-elle pas mise très intentionnellement en difficulté pour que la "fongibilité asymétrique" du public vers le privé qu'affectionne ce gouvernement fonctionne d'autant plus rapidement ?

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dimanche 29 août 2010

La Rochelle (V) : mini commentaire à chaud

Sur le discours de MA :

- le retour de la France dans le discours politique

- solidité, morale, valeurs, travail, en face d'un Président et d'une droite fondamentalement "dévalorisée"

- unité réaffirmée. Tous les candidats potentiels cités et salués (modeste le salut pour DSK !)

- peu d'innovation : dans le vocabulaire, dans les propositions, dans le style

- une insuffisante montée en puissance. Le discours est resté du même ton. Dans ce domaine, l'anti-Hollande lequel commençait avec l'humour et montait de marche en marche vers un final toujours vibrant.

Sur l'Université :

- le premier qui n'aurait pas "fait unité", comme on dit maintenant aurait été sorti à la bombe fly tox

- le Parti va bien. Merci Martine.

- de belles innovations : les artistes, les scientifiques, le hors les murs

- DSK, malgré les sondages d'avant université, n'a pas monté dans nos rangs

- Martine : carton vert en chef de parti, carton stable en candidat potentiel

- Hollande : crédibilité en hausse dans son nouveau costume de candidat

Au total : grand beau à la Rochelle, mais avis d'intempéries dans le pays

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