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Un détail très pesant

Que François Fillon ne soit pas brillant, son discours d’investiture à l’Assemblée ne nous l’a que trop démontré.

Mais sa récidive, dans un discours où il considère que le test ADN n’est qu’un détail de la loi « maîtrise de l’immigration » devrait relever l’autre loi, celle de Rachida Dati sur la prévention de la récidive.

Preuve aussi que les collaborateurs du Premier Ministre sont à l’égal de leur patron. Car ce discours , il l’a lu (comme tous ses discours), il a donc bien été écrit par quelqu’un.

A vrai dire, le test ADN n’est pas en soi l’essentiel de la loi. Mais sa valeur symbolique est immense. La science et, en particulier la génétique, ne peut être utilisée à des fins de contrôle des étrangers sans risquer des égarements.

Cette loi, faite pour donner du grain à moudre à l’opinion publique et fixer le vote de droite en vue des municipales retombe sur les pieds de ses auteurs et pèse lourd.

L’éphémérité durable

Une bonne partie de l’après-midi à peaufiner la postface du petit livre bientôt né d’une année de blog. Quand on n’écrit pas d’un seul trait, tout est plus difficile, chaque mot devient une interrogation. Est-ce le bon, celui-là ne serait-il pas meilleur .. ?

Pondre un livre doit avoir quelque chose à faire avec faire un bébé. A preuve, ce proverbe chinois que j’adore et qui résume ainsi une vie pleine : planter un arbre, écrire un livre, faire un enfant.

Le titre du livre est celui d’un billet de l’hiver passé : l’éphémérité durable du blog. Un peu intello, genre éditions POL, mais tellement dans la réalité de ce que le livre/blog veut dire : une tentative de refermer sa main sur le sable qui coule entre nos doigts.

45 tours/mn

Il y a dans une journée, dans une vie, tant de bonnes choses à faire. J’ai pour ce dimanche tout un programme dont je sais que je ne le mènerai pas à bien et que demain, on sera reparti dans une autre semaine, qui passera, qui passera…

Depuis longtemps j’ai l’impression de vivre comme une tête de microsillon sur un disque qui tourne trop vite. Beaucoup ne se souviennent déjà plus des têtes de lecture qu’on déposait délicatement sur les disques de vinyl. De temps elles dérapaient, où elles criaient avec des bruits bizarres qu’elles n’arrivaient pas à suivre.

C’est ce que je fais un peu tous les jours. Et à l’instant dans le blog.

Coup d’envoi municipal

Un coup de téléphone inopportun à un ami m’apprend que nous sommes entrain d’ « en découdre » (comme disent les médias) avec les néo-zélandais. J’ouvre ma fenêtre et des cris dans la nuit me confirment que le moment est intense. C’est toujours rigolo de se sentir un peu décalée par rapport à la majorité : j’étais quant à moi entrain de jouer tranquillement à la fée du logis et d’écluser le retard ménager que m’imposent mes semaines à demi-parisiennes.

De quoi voulais-je parler dans ce billet ? A vrai dire, je n’en sais rien. Il y a, de ci, de là, quelques billets qui ne sont rien d’autre qu’un bavardage et quelquefois je voudrais bien qu’il y ait des commentaires du même tabac ; qui disent tout simplement : je suis là, pour moi la vie c’est comme ça en ce moment. Et vous, comment ça va ?

Nouvelle salve de cris au travers de la nuit : ou nous avons marqué, ou nous avant manqué.

La journée a été en partie occupée par les municipales. Je le regrette un peu, nous avons laissé Juppé prendre la main, mais l’important est à venir. Je crois que nous allons avoir une vraie belle campagne, pleine de force et de panache. Je le sens bien. Tous ceux qui ont fait campagne avec moi, savent que je suis plutôt prudente, quelquefois plus que cela. Les jours maintenant ne sont pas longs où nous mettre en marche.

Il fait très doux. La nuit de nouveau se tait. Est-ce que le match est déjà gagné ou déjà perdu ? La politique, c’est plus drôle : rien n’est jamais gagné, rien n’est jamais perdu.

Finallement, il n’y a plus aucune chance que je fasse rugbyman.

E A D N

En quatre lettres, le sigle noir de la politique sarkozienne : l’affairisme, l’absence d’éthique.

EADS, sous réserve d’une confirmation malheureusement que trop probable, un délit massif d’initiés dont Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur de l’époque, non plus que son entourage personnel, pouvaient difficilement n’être pas au courant.

Je voyageais hier avec un cadre d’EADS, consterné mais pas surpris. « Nous sommes dirigés par des voyous. Quand on a connu comme moi l’aérospatiale, avec ce que cela comportait de morale et d’exigence, on ne peut plus accepter. Seul, le « cash » intéresse nos dirigeants.

Ce monsieur, très pondéré, m’a précisé qu’il était de droite et qu’il s’était pourtant réjoui de mon élection. « Juppé n’a rien fait pour l’économie à Bordeaux ».

ADN, est-il besoin d’un long commentaire ? Même les parlementaires de droite ont été offusqués qu’on mêle tests génétiques et immigration. Le Sénat (dont on connait le caractère peu révolutionnaire) a finalement adopté un texte réduit à la portion congrue pour sauver la face du gouvernement. Mais c’est le principe qui a été fondamentalement rejeté par les parlementaires, comme par l’opinion publique.

Toute la loi sur l’immigration est inique. Les tests de connaissance de la langue et des valeurs de la République, exigés désormais pour le regroupement familial, sont totalement non crédibles. Des tests semblables sont mollement en vigueur au Royaume Uni : un quotidien les a fait passer à un pannel de 100 Anglais choisis au hasard. Un seul a réussi : pas de bol, ce n’était pas un anglais de souche, mais une personne naturalisée depuis un certain nombre d’années. Les Anglais de souche avaient tous été plantés…

La vérité est têtue. Je crois qu’elle commence de rattraper Nicolas Sarkozy.

Suivi et Infogérance par Axeinformatique/Freepixel