Le socialisme est un humanisme
C’est avec une certaine gourmandise que je place ce billet après le tumulte qui a suivi les précédents… Nous avons eu à la Rochelle un atelier très intéressant, même s’il était un peu généraliste et philosophique.Le titre officiel était je crois « les rapports entre socialisme et individualisme ». La question peut être posée autrement : y a-t-il un individualisme de gauche et un individualisme de droite? Comment concilier intérêt collectif et individualisme ?
La réponse est bien évidemment que la gauche et le socialisme ne négligent aucunement l’individu ; au contraire l’essence même du socialisme est de rendre possible l’épanouissement personnel de chacun dans sa singularité, et ceci dans la perspective de l’intérêt collectif.
La philosophe qui menait le débat et qui a publié un ouvrage sur le sujet a défini ainsi ce qu’est -ce que doit être- un individualisme de gauche : – un individualisme de l’être et non pas un individualisme marchand, axé sur la consommation et le repli sur soi – le respect de la singularité de l’être humain favorisant son apport particulier à la collectivité – une culture du dissentiment et de la prise de parole. Le mot de « dissentiment », au contraire d' »assentiment », n’est pas usuel mais je le trouve en effet très signifiant. J’ai compris qu’il désignait ce que Camus appelait dans « L’homme révolté » « la capacité de dire non », en citant Sisyphe, remontant constamment son caillou en exemple. – une attention à l’autre en tant qu’individu ayant des problèmes spécifiques, une souffrance spécifique..
Ces idées ne sont pas nouvelles (les idées ne sont jamais nouvelles), mais elles étaient bien remises dans l’actualité. J’ai pris la parole pour m’interroger sur l’absence d’un mot que l’on n’ose plus utiliser. Qu’est-ce qu’un individualisme de l’être plutôt qu’un individualisme de l’avoir ? Qu’est-ce qu’une prise en compte de « la grandeur et de la misère de l’homme » ? Qu’est ce que l’apprentissage de son autonomie et de sa liberté ?
Eh bien, cela s’appelle depuis Montaigne, et au fond tant d’autres, l’humanisme. Et j’aimerais qu’on ose dire aujourd’hui que le socialisme est avant tout, un humanisme.