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Avis de détresse

Coup dur pour moi : mon ordinateur portable vient de m’être volé dans mon bureau de l’Assemblée Nationale. Cette honorable instituion est en émoi : il y a peu de bâtiments aussi contrôlés, bouclés, verrouillés que celui-ci. Les limiers de la République sont sur l’affaire, mais les chances de retrouver mon ordi sont malgré tout minces.

Je suis très triste car cet ordi et moi (un Mac Book pro, beau comme une Ferrari) nous nous aimions d’amour véritable et nous vivions des jours heureux. Mais il contient aussi des heures et des heures de travail, plein de fichiers et de groupes d’adresses tellement utiles.. je suis comme qui dirait catastrophée.

Bien sûr je vais acheter immédiatement un remplaçant, mais il ne contiendra ni vos adresses, ni tant de bonnes choses.

Puis-je demander à tous les amis du blog de m’adresser leurs coordonnées pour que je puisse les réenregistrer, soit en m’adressant un mail sur mon mail privé s’ils en ont l’adresse sur leur propre fichier, soit en passant par la rubrique « contact » de ce blog ?

Merci de votre aide.

Le ciel est par dessus le toit

Le soleil est entrain d’apparaître au dessus du mur blanc auquel mon bureau fait face. C’est un événement suffisamment important pour que j’ai envie de le partager. Un grand à plat de lumière barre maintenant le mur, comme dans un tableau de Nicolas de Staël. Il ne manque que quelques mouettes dehors, une falaise, l’objectif d’une caméra pour qu’un film étrange puisse commencer.

Je viens d’entendre les chiffres du chômage à la radio. « Le chômage n’a jamais été aussi bas depuis 25 ans » titrait Le Monde hier soir. Oui mais, ces chiffres et les méthodes de calcul qui y ont amené sont hautement contestés par les organisations internationales chargées d’établir des comparatifs, en particulier Eurstat. Oui mais, l’INSEE elle-même tord le nez et le gouvernement ne reconnait pas ses propres calculs.

Et surtout, le nombre de radiations administratives a augmenté de 4,2% en un seul mois. Et surtout une nouvellle méthode de réduction se met en place, la dissuasion à s’inscrire. Plusieurs de nos collègues députés rapportent des faits concordants issus de leur région. « Vous avez cinquante ans, vous n’avez pas de permis de conduire, totalement inutile de vous inscrire. Voyez ailleurs. » J’essairai d’interroger sur la situation bordelaise.

Pour une fois qu’il semblait y avoir une nouvelle favorable, elle est tout de suite contrecarrée. Le ciel pourtant est par dessus le toit, bien bleu comme un ciel grec.

31 juillet

Nicolas Sarkozy a si souvent célébré la mémoire de Jaurès pendant sa campagne (37 citations dans un seul discours..) que l’on aurait légitimement envisagé qu’en ce jour anniversaire de sa mort, il aurait demandé que l’on mît les drapeaux en berne au fronton des mairies. Que ne relit-il ce soir le volume des « Thibault » de Martin du Gard titré « juillet 14 » et le récit de la trainée de poudre qui, au propre et au figuré, a suivi son assassinat ?

Au lieu de cela, nous célébrons cet anniversaire en discutant de pied ferme d’un texte qui ouvre un coin dans le droit du travail et qui, plus gravement, sera inopérant. Le projet de loi intitulé « Dialogue social et continuité du service public dans les transports terrestres publics réguliers de voyageurs » ne va nullement régler les perturbatiions des transports : 2% seulement d’entre elles sont dues à des faits de grèves ; l’immense majorité à des problèmes d’insuffisance ou de vétusté du matériel, de manque de personnel…

Il ne va pas davantage instaurer un « service minimum », comme l’avait promis le candidat Sarkozy : le texte se borne à fixer aux collectivités de fixer des objectifs sans garantie qu’ils soient tenus.

Il comporte enfin un certain nombre de dispositions, comme la déclaration personnelle de se déclarer gréviste à l’employeur 48 heures avant le début du conflit, qui enfreignent le droit de grève. D’autres dispositions, complexes à analyser dans un court billet ont mis aujourd’hui les syndicats unitairement dans la rue. Peut-être est-ce ce long défilé dans toutes les rues de nos villes qui fera finallement souvenir du peuple descendant dans la rue à l’annonce de l’assassinat de Jaurès « Ils ont tué Jaurès ! »?

Aucune banderole pourtant, à ma connaissance, n’a porté trace de ce souvenir. La collusion des deux événements eût pourtant été signifiante.

Je m’aperçois en finissant d’écrire que nous sommes déjà le premier aout. La 29ème séance de cette XIIIème législature n’est pas encore achevée et va sans doute se prolonger encore tard dans la nuit. Le temps file si vite.

Addiction

Ouf, je vous retrouve et je retrouve le blog comme un compagnon familier avec lequel on vient converser. Vingt-quatre heures de séparation (mon « wanadoo volant » refuse obstinément ses services) qui s’achèvent enfin grâce à l’installation d’un vrai grand ordinateur dans mon bureau de l’Assemblée.

Trois jours à Paris pour un texte très important, improprement appelé « continuité du service public ». Je lui consacrerai un billet tout à l’heure. Ma fenêtre est ouverte sur un grand mur blanc et au dessus un grand morceau de ciel d’un bleu pur. Au delà, on entend très confusément le rumeur de la ville, le roulement estompé des voitures. C’est très drôle d’être ici, à la fois à Paris, dans un des plus beaux bâtiments de la République, et pas à Paris, n’importe où quelque part dans le monde où se trouverait ce bâtiment.

Demain soir, je partirai sans avoir rien vu d’autre que mon bureau et le bâtiment principal de l’Assemblée qui se trouve de l’autre côté de la rue. Tout à l’heure, j’ai reçu une candidate au poste d’assistante parlementaire et je l’ai pilotée pour un bref tour des lieux. Je lui ai montré la collection de Marianne(s) dont les photographies viennent par groupes sur le photoblog.

Voilà, je voulais juste bavarder, dire comme on l’entend bien souvent dans les portables « je suis arrivée, je vais prendre le train », toutes ces choses rien-disantes qui sont juste là pour faire un signe, pour dire que nous sommes tous des humains, et tous un peu paumés quelque part dans un monde étrange dès qu’on se met à le regarder.

Devinette

Un muscle mou qui travaille plus dur que tous les autres.

Qu’est donc ce drôle d’organe que tout aujourd’hui concourt à anesthésier, à endormir, à déjouer quand il faudrait au contraire le développer, l’entretenir, l’aguerrir, l’entourer de soins et de vigilance parce qu’à tout prendre, il reste le meilleur de nos outils ?

Le cerveau bien sûr. Il ne faut pas en faire toute une histoire : un organe comme un autre, juste un peu plus malin et plus complexe, qu’il il faut protéger de l’ excès de tout ce qui n’a d’autre objet que de l’atrophier ou de l’anesthésier : la télé, les jeux stupides, les drogues, l’alcool, le grignotage toute la journée… A des degrés divers, tous ceux-là ont d’abord cette fonction, vider la tête, détourner la pensée d’elle-même.

Quand il y aura pour l’entretien de ce muscle autant de magasins, d’articles variés, de substances diverses, que pour tous les autres muscles, nous irons mieux. A quand un immense décathlon de la tête, un José Bové de la mal-bouffe intellectuelle ?

A vrai dire, pour ce dernier exemple, je me sens assez bien dans le rôle et je pose clairement ma candidature.

Suivi et Infogérance par Axeinformatique/Freepixel