m

Au gymnase japy, ce soir

Retour (tardif) du gymnase Japy où Ségolène tenait, avec nous tous, sa dernière réunion d’avant vote. Un millier de militants, au coeur des terres de Bertrand Delanoë, dans une ambiance très naturelle et chaleureuse, telle qu’on aurait voulu la connaître lors du congrès de Reims.

Ce n’était ni le zénith (très loin de là), ni un meeting ordinaire, avec une grande partie des équipes de la motion E, tout le monde ayant beaucoup travaillé et se remerciant mutuellement d’avoir fait tout le possible.

Je suis à l’opposé de l’oblativité, du prosélytisme et j’espère que cela est apparu dans le blog. Je souhaite travailler avec tous ceux qui demain voteront en conscience, quel que soit leur vote.

Retour très tôt demain matin à Bordeaux, pour une journée pleine de l’ordinaire d’un député. Pendant les travaux, la vente continue.

Pendant les travaux, la vente continue

Le Parti Socialiste est comme l’assurance sociale : affronté à toujours plus de risques, sans être sûr d’éviter celui de la faillite.

C’est aujourd’hui du 5ème risque de la sécurité sociale que je vais parler à la réunion de groupe à l’assemblée. Ceci dans l’espoir de pouvoir intervenir sur le sujet lors des questions d’actualité.

La présentation d’une question est un jeu très convoité. Légitimement : nous sommes 204 députés au groupe SRC (bientôt 205 j’espère avec François Deluga) et chacun doit passer à son tour (nous n’avons droit qu’à 4 questions par séance). J’ai pour ma part posé déjà trois questions, c’est donc pas gagné pour aujourd’hui !

Retour au 5ème risque qui est le défaut ou la perte d’autonomie. Le principe d’un financement public-privé vient d’être acté au Conseil des Ministres, sans que nous ayons connaissance des conditions de ce rôle du privé, qui sera tenu par les assurances.

La question est alors celle du « contonnement ». Mot bizarre pour dire que les profits des assurances sur ce champ de manoeuvre doivent lui-être « cantonnés ».

Question d’actualité en ces temps où la régulation s’impose comme une évidence. Mais dont il n’apparait pas la moindre signe dans les intentions du gouvernementL

L’essentiel, ou du moins son approche

Quand je sens une légère odeur de désarroi dans l’air, je me demande « où est l’essentiel ». Variante du conseil d’Heminway en face de l’angoisse de la page blanche : « Ecris la plus petite phrase vraie, et toutes les autres viendront derrière elle »

La page du socialisme n’est pas blanche, mais elle est ce soir raturée, peu lisible, voire même peu franche. Toutes les contributions toutes les motions, tous les discours de Reims nous ont appelé au « rassemblement ». Combien l’ont voulu vraiment, autrement que derrière eux ?

Les quelques dizaines de participants à la commission des résolutions ont-ils tout fait, ou ont-ils fait tout le contraire ?

Vous le savez : quand on s’interroge, c’est bien souvent qu’on s’est déjà répondu.

Je suis rentrée hier de Reims peu contente et dans cette odeur un peu âcre dont je parlais tout à l’heure. Je le dis maintenant : ma solution favorite, dans la connaissance où nous étions qu’aucune motion ne pouvait être largement majoritaire, eût été un ticket entre le leader de la motion arrivée en tête, et le leader (ou une personnalité choisie) de la motion arrivée deuxième, ou -si elles se mettaient d’accord- des deux ou trois motions suivantes.

Je ne suis sans doute pas la seule à y avoir pensé. Personne ne l’a voulu. La guerre est si belle ! Et profitable ! Et utile !

Alors, où est l’essentiel ? Dans le train du retour, gavé de socialistes, sans doute un certain nombre se posaient-ils des questions similaires. Tant d’heures passées, d’énergie engloutie, et pour certains, tant d’années. « Tout ça, pour ça ? » entendait-t-on sur les plis des visages.

Aujourd’hui est presque pire. Le ralliement de Bertrand Delanoë sonne comme un aveu. Pourquoi ce qui ne fut pas possible l’avant-nuit précédente l’est aujourd’hui ? Quelle pression ? Quel instinct conservatoire ? Quelle aversion, plus forte que la raison ?

L’essentiel ? Vous avez remarqué qu’il fuit toujours un peu plus loin, comme la ligne d’horizon qui s’éloigne avec la marche.

L’essentiel : soyons nous-mêmes .

Pour moi, dans ce débat devenu confrontation, c’est

– être libres dans notre choix. Ni mot d’ordre, ni détestation superficielle, ni stratégie locale. Quel parti voulons-nous ? Celui qui a donné Reims ou celui qui fera que Reims ne se reproduira plus ?

– être individuellement responsables. Entre un parti réformiste, qui affirme ses priorités (éducation, santé, salaires, prévention sociale) ou un parti proclamant à Reims qu’il doit « s’ancrer à gauche » tout en faisant objectivement le jeu de la droite ? Entre un parti élaborant et soutenant des idées ou un parti mettant son intelligence dans le billard à trois bandes ?

– être unis, savoir être bien ensemble. Dès aujourd’hui, même en ne votant pas pareil. Combien j’ai détesté à Reims des visages glaciaux, des regards qui se détournent, des grands élus absents des repas militants !

Peut-être (sûrement) qu’il y a encore plus essentiel que cet essentiel. Mais nous sommes tous un peu cabossés et, ce soir, je ne sais pas le formuler.

(12) : Petites phrases

Petites phrases, glanées au vol :

Arnaud (Montebourg) : « Salariés du monde entier, unissez-vous ! » . Sous-entendu : suivez notre exemple !

Bertrand (Delanoë) : « Ce qui importe, c’est que les vainqueurs de ce congrès ne soient ni la droite, ni Sarkozy, ni Bayrou » . Eh bien, Bertrand, c’est raté : jusque-là, ce sont eux ! L’ « Union » de Reims ajoute malignement que beaucoup ont entendu « Ni Ségolène Royal ».

Bertrand (le même) : »Il faut que celles et ceux qui ont des nuances fassent un compromis ». Subtil, Bertrand, subtil…

Razzi (Hamadi) : « Le socialisme n’est ni une concession, ni une adaptation, il est une révolte ». J’hésite entre Hugo jeune et Rimbaud (lui n’a jamais été vieux) …

Martine (Aubry) : « L’important est d’avoir une ligne claire… Sans jeu de mots ». Un instant de silence et elle a ajouté « Encore que… »

Martine (la même) , découvrant une araignée sur le pupitre : « Adeline (Hazan, Maire de Reims), on aurait quand même pu faire le ménage cette nuit ».

Hamon (Benoit) : « Ce n’est pas parce qu’on est la plus grosse minorité qu’on n’est pas capable de rassembler ». La plus grosse majorité n’a pas réussi. Mais au Parti Socialiste, l’Union défie l’arithmétique.

Henri (Emmanuelli) (avant le congrès : « La candidature de Ségolène Royal est une preuve que les frigidaires ne sont pas des congélateurs »

Ségolène (Royal) : « il faut nous soigner de tous ces mots désagréables entre nous, de ces chagrins, de ces offenses. Un jour, il faudra nous les pardonner ». J’ai fait croire autour de moi que c’était Savary qui avait écrit le discours. Certains doutent encore…

Une autre toute petite histoire. Ce matin, où nous sommes tous arrivés la tête un peu basse après les nouvelles de la nuit, je hèle un groupe des « Egales », arborant un énorme auto-collant rose où était écrit « Egales ». Je leur ai proposé de barrer « égales » au profit de « Supérieures ». A bien regarder en effet la composition de la commission des résolutions, c’est pleinement justifié.

(11) : la voie royale

Non, je ne parle pas de Ségolène, mais d’André Malraux. Le capitalisme financier sombre et appelle l’Etat à son secours. La régression s’installe. Chaque jour nous annonce la fermeture d’une entreprise et la majorité des Français s’enfonce dans les difficultés. A cette majorité, il n’est apporté ni soutien, ni secours, ni politique salariale, de la part de ce gouvernement.

Nécessité de la régulation de l’Etat, exigence de solidarité et de santé sociale : le socialisme par la preuve, la possibilité d’être entendu et compris par cette majorité de Français qui souffrent et plus largement, par l’ensemble des Français qui pensent.

C’est cela, la voie royale. A laquelle nous avons préféré Gide et « la porte étroite ».

Suivi et Infogérance par Axeinformatique/Freepixel