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Le « off » du XIV juillet à Bordeaux

Le XIV juillet à Bordeaux a été marqué par un spectacle très fin, réservé aux amateurs et pour cela d’autant plus goûteux. En quelque sorte, comme à Avignon, le « off » du défilé traditionnel.

Brochette, non moins traditionnelle, d’officiels qui ouvrent la cérémonie en traversant la moitié de la place des Quinconces pour se rendre à l’estrade qui leur est réservée. Côté civils, Juppé, Rousset, Respaud et les deux députées du lieu, Mme Bourragué et moi. Côté militaires, Le Général Klein, le général Frère et quelques autres hauts gradés. Au milieu, le Préfet, qui comme on sait est un civil, mais porte un très bel uniforme et salue les troupes la main à la casquette comme les militaires.

C’est là qu’on a vu toute l’expression du talent de ma collègue députée, casaque turquoise, jupe à pois. Partie dans le gros de la troupe pour la traversée de la place, elle a remonté l’ensemble avec une maestria dignes des plus beaux jours de l’hippodrome de Vincennes. Au quart du chemin, elle avait rejoint Rousset, au deux tiers, elle l’avait dépassé !

Une épreuve était encore possible : la place des Quinconces appartient pour moitié à la première et à la deuxième circonscription, le protocole ne tranchait donc pas. Sa chaise serait-elle la plus proche du Seigneur (qui on imagine…) ou bien serait-ce la mienne ?

Je l’avais vue longtemps interroger l’ordonnateur de la cérémonie avant que celle-ci commence et peut-être avait-il fini par obtempérer. En tout cas, elle a gagné ! Sa place était plus centrale que la mienne. Son visage s’est détendu, avec cette satisfaction pleine de bénévolence des combats difficiles.

Le rapport pour les parieurs n’a pas été bon. Mme Bourragué est coutumière de ces belles échappées dans un rang d’officiels. Je ne suis en la matière qu’un outsider.

Mais je m’applique…

Un quatorze juillet pas comme les autres..

.. Où l’on ne peut s’empêcher d’imaginer ce que pensent toutes les Unités entrain de défiler. C’est bien sûr, en bonne Bordelaise, d’abord aux Services de Santé de la Marine, Bordeaux défilant aux côtés de ceux de Lyon, sans savoir lequel « mangerait » l’autre, que je pense. Saluons (à l’envers), au passage, l’absence de courage du gouvernement qui devait officialiser le 3 juillet le noms des sites militaires fermés. L’annonce a été repoussée à la fin du mois, c’est à dire après le 14, mais plus encore après le 21 juillet, pour que quelques élus de la majorité, attachés à leurs garnisons, ne se mêlent pas de voter « non » à la réforme constitutionnelle, lors du Congrès.

Petit serrement de coeur en écrivant cela.

Le divorce entre le Président de la République et l’armée n’est certainement pas le plus spectaculaire de ses séparations, mais c’est sans aucun doute le plus grave. Je ne suis pas dans la tête de Michèle Alliot-Marie, mais son absence ce matin, n’est peut-être pas tout à fait sans signification.

Pour alléger ce billet, je ne veux pas manquer de signaler un grave impair dans le défilé du 14 juillet. Le sang (bleu) de mon éminent collègue Charles Amédée de Courson n’a dû faire qu’un tour lors de l’accueil des officiels. Christian Poncelet, le non moins éminent Président du Sénat a fait le baise-mains à Mme Sarkozy. Où est l’impair ? Oui, elle est mariée, qui plus est au chef de l’Etat. Oui, elle était en tenue de ville parfaite (haut des épaules couvert…), oui, lui même était civilement vêtu… Mais, ON NE FAIT JAMAIS LE BAISE-MAINS EN PLEIN AIR. J’espère que chacun mesure la gravité du fait.

Hors cela, on ne peut qu’apprécier une parade qui a un sens profond et qui est parfaitement réalisée. La maîtrise que cet exercice suppose serait-elle, dans notre pays, généralisée à tous les compartiments du jeu, et d’abord à l’échelon gouvernemental, nous irions mieux.

Petit bla-bla de week-end

Petit bla-bla de week-end, au milieu d’une maison en plein travaux, qui sent le plâtre et la peinture, et où j’ai dégagé juste l’espace qu’il faut à mon petit ordi. Le portable donne à l’écriture nomade une amplitude inégalée et je me transporte volontiers d’un point à un autre selon la lumière du jour, le bruit ou le silence, même quand je suis dans ma maison ou dans mon bureau. Mauriac, terrien s’il en est, transportait ainsi son cahier d’une table à l’autre et finissait souvent sur un coin de canapé ou au pied de la terrasse de Malagar, en écrivant sur ses genoux. Il ne faut jamais craindre de se fabriquer de grandes références.

Je me suis amusée beaucoup hier d’un tire-bouchon qui venait en réaction à mon billet d’humeur du 6 juillet (« Difficile à comprendre »). L’auteur n’en est pas très difficile à identifier et il râle contre le fait que j’ai râlé moi-même du choix d’un titre centré sur Juppé pour le papier rendant compte de ma première année de mandat. Seul les fidèles du blog et de Sud-Ouest tout à la fois comprendront. J’en parle pour me réjouir de l’interactivité entre les blogs et les médias traditionnels. Une sorte de démocratie participative tout à fait bienvenue dans l’univers médiatique.

Hier toujours, au marché du Grand Parc, une dame m’aborde avec ces belles paroles :
 »Vous irez visiter, pour votre bienvenue,
Madame la baillive et madame l’élue

Deux vers de Tartuffe, avec lesquels, un peu moqueuse, elle saluait « Mme l’élue ». Nous avons continué à converser entre l’étal des fruits et celui du charcutier. Quand la culture est intriquée de cette manière naturelle avec la vie, elle n’a rien de pédant, elle est au contraire un agrément continu, une sorte de liberté aérant toute chose. Ma mère possédait pleinement ce trésor, et je n’en ai en comparaison que des miettes. En ramassant des herbes dans le jardin, en faisant n’importe quelle tâche très quotidienne, il lui venait un vers ou une citation pas toujours complète mais qui donnait aussitôt une légèreté particulière, un souffle, une dimension à la moindre petite activité. Merci, Mme C., de cette jolie et moqueuse citation…

Je retourne au petit bric à brac des choses à faire. La journée est légère, libre et parait vouloir se dégager tout à fait de la grisaille. A tout à l’heure.

Du caractère universel de l’imbécillité

Et si l’UMP était le seul parti à France où il n’y ait aucun imbécile, pas le moindre petit barbouzinet de banlieue, bref personne capable de faire un coup foireux ?

C’est en tout cas le sens des déclarations des dirigeants de la dite UMP qui qualifient de « pêtage de plomb » l’interrogation de Ségolène Royal sur la possibilité de coincidences entre la mise à sac de son appartement et ses propos à l’encontre du « clan Sarkozy ».

On peut comprendre que Ségolène se lasse un peu de la fidélité des monte-en-l’air pour son appartement de Boulogne et de leur goût pour les ordinateurs qui s’y trouvent.

L’an dernier, le même jour exactement, ses ordinateurs chez elle, et le mien à l’Assemblée, nous avaient été dérobés. Le mien n’a jamais réémis depuis, ce qui exclut un vol pour usage et pour commerce. Pour le dire simplement, je pense comme elle qu’il y a des imbéciles partout, et que l’UMP n’en ait sans doute pas plus indemne que n’importe quel autre parti.

L’affaire mérite peut-être un ton moins badin.

D’abord, concernant Ségolène, parce que c’est le premier acte d’un procès bien orchestré en incompétence, tel que nous avons vécu un au moment de l’élection présidentielle. Les ténors de l’UMP ont entonné au même moment, presque avec les mêmes termes, le même cantique. « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose », disait Beaumarchais. Les « communiquants » d’aujourd’hui n’ont rien inventé.

Ensuite, parce que quand on ne peut plus exprimer une évidence sans être qualifiée de sorcière, on a fait un pas vers l’absolutisme. Que Ségolène s’interroge, nous le ferions aussi. Qu’elle réponde tranquillement que « le Président de la République n’est pour rien dans la libération d’Ingrid Bétancourt », tout le monde le sait. La noria médiatique qui s’est aussitôt déchainée est fort inquiétante.

Nous devons être d’une vigilance extrème, non pas sur l’écume des choses, intentionnellement agitée, mais sur le sens de cette agitation.

Suivi et Infogérance par Axeinformatique/Freepixel