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Clair de soleil

Grand bleu et soleil de coeur d’été sur l’Assemblée. Malheureusement, juste entrevus le temps de traverser la rue Aristide Briand entre mon bureau et le corps de bâtiment principal, et maintenant à travers la fenêtre.

C’est une modeste nouvelle, mais pour chaque beau moment, cela me parait toujours une offense de ne pas le célébrer. Les mots sont là pour ça aussi et rappeler que le bonheur n’est jamais qu’une bonne heure.

Réforme portuaire

Journée à l’Assemblée en grande partie occupée à des auditions des différents acteurs de la vie de nos grands ports. La semaine prochaine en effet, vient dans l’hémicycle un projet de loi « portant réforme portuaire ».

La réforme porte sur nos grands ports, actuellement organisés en « ports autonomes » et où Bordeaux occupe la 6ème place, talonné -et ce n’est pas notre moindre inquiétude- par la Rochelle. Même ce nom de « port autonome » est proposé à la réforme, en faveur de « Grand port maritime », ce qui ne plait guère à personne, car c’est à la fois trop discriminant pour ceux qui ne sont pas « grands » et qui relèvent, non de l’Etat mais des collectivités territoriales, et d’autre part parce que cela ne rend pas compte de leur autonomie. En Anglais, qui est le langage maritime, le mot utilisé est « Authority » et notre groupe est enclin à proposer le terme d’ « autorité portuaire et maritime ».

Dans cette réforme, la « dévolution » au privé des équipements portuaires et le transfert du personnel qui les utilise. Ce sont les deux grands axes de la réforme et on se doute qu’ils soulèvent beaucoup d’enjeux et de questions.

Cette dévolution est aussi une vraie interrogation pour les collectivités territoriales qui ont investi beaucoup dans ces équipements. Au nom du Conseil Général, partenaire engagé de notre port autonome, j’organise vendredi une « table ronde » pour mettre ensemble les acteurs bordelais et recueillir leur avis avant ma prise de parole, au nom de Bordeaux, la semaine prochaine dans l’hémicycle.

Eh, oui, il y en a qui sont plus immigrés que d’autres !

Dans son intervention télévisée du 24 avril, le Président de la République a affirmé que le taux de chômage des immigrés réguliers était de 22% et il y a trouvé raison à ne pas régulariser les sans papiers qui travaillent.

Le 7 mai, interpellant le ministre Brice Hortefeux lors des questions d’actualité, j’ai évoqué ce chiffre en insistant sur le fait qu’il ne m’avait été confirmé par aucun institut statistique, le dernier chiffre paru étant 15,5%.

« Le point » a relayé cette divergence. Cette semaine, le secrétaire général de la Présidence de la République, a exigé que soit publiée un courrier d’une page pour justifier le chiffre du Président. L’insee, certainement soumis à une interrogation soutenue de la part de la Présidence a, en effet corrigé en disant que 22% ne concernait que les immigrés non issus de l’Union Européenne.

Ainsi, pour le Président de la République, il y a de bons et de mauvais immigrés.

Ci-après ma réponse à la lettre de Claude Guéant.

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A Talence, avec Gilles Savary

Premier tour aujourd’hui des élections cantonales à Talence, où Gilles Savary est contraint de se représenter en raison de la loi aberrante qui touche les seuls députés européens (et non les parlementaires nationaux).

L’élection de Gilles est utile aux Talençais, face au pouvoir opaque de la municipalité mais aussi en raison de ses responsabilités au Conseil Général, de sa probité, de sa capacité de porter des dossiers dont témoigne le bilan de sa première moitié de mandat.

Aujourd’hui, nous sommes tous des Talençais, tous aux côtés de Gilles, tous à espérer que le bons sens, l’intelligence, la probité l’emporteront dans cette élection que son adversaire principale a rendu particulièrement difficile, insinueuse et mensongère.

Ci-après le communiqué que j’ai adressé aux médias il y a deux semaines, ainsi qu’à l’ensemble des parlementaires européens, pour dénoncer la loi qui oblige Gilles à se représenter et proposer que nous la modifions.

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Financement du 5ème risque : le viager d’Etat

Je débattais hier soir à Paris avec le sénateur Marini (UMP), chargé par le gouvernement de présider une commission d’étude en vue du financement du « 5ème risque ».,,

Qu’est-ce que ce 5ème risque ? Celui de la perte d’autonomie, que partagent les âgés et les handicapés (les 4 premiers sont les 4 branches de la sécurité sociale).

Pour les plus distraits, les quatre autres sont : maladie-maternité, accidents du travail, vieillesse, famille. Comme on voit, plusieurs d’entre-eux ne sont pas des « risques ».

Le cinquième non plus à vrai dire : vieillir est une chance, même si le grand âge s’accompagne obligatoirement d’une perte généralement progressive et bien souvent partielle de son autonomie (on ne peut plus tout faire seul).

Revenons à la pierre angulaire du problème : le financement.

Quels sont les financeurs possibles :
– la solidarité nationale
– la solidarité décentralisée
– l’assurance privée
– le recours sur patrimoine

L’Allocation Personnalisée pour l’Autonomie (A.P.A) , mise en place par le gouvernement de Lionel Jospin, est à la charge des deux premiers. Initialement il était prévue que solidarité nationale, par le biais de la CNSA, et conseil généraux (solidarité décentralisée) se partagent cette charge pour moitié. Le plus souvent maintenant ce sont les conseils généraux qui en supportent les 3/4. On comprend que cette évolution incite à une certaine méfiance…

Notre plus vigoureux point de divergence avec le Sénateur Marini a été hier le recours sur patrimoine, quelle qu’en soit la forme. Ce même sénateur a déjà, lors du projet de loi de finances de la sécurité sociale (PLFSS pour les intimes), tenté de faire passer un amendement en ce sens qui a été retoqué par l’Assemblée comme par le Sénat. Il n’a cependant pas désarmé mais propose aujourd’hui une modification d’attitude qui est d’ailleurs surtout un artifice de vocabulaire.

C’est sous le nom abscons d’ « hypothèque inversée » que la commission UMP propose aujourd’hui de recourir au patrimoine : il sera proposé à la personne âgée une hypothèque sur sa maison en échange du bénéfice d’une allocation lui permettant de subvenir à sa dépendance ; à la mort de la personne, l’Etat récupérera la somme, avec un plafond (calculé sur l’espérance de vie) de 250 000 à 300 000 euros.

En bon Français, cela s’appelle un viager. L’Etat proposera en clair à l’âgé de mettre sa maison en viager. Cela existe depuis fort longtemps et a quelque chose de révoltant en soi. Celui qui a pris le viager a toutes raisons d’espérer que la personne meure le plus tôt possible…

Pourquoi suis-je si formellement contre ?

D’abord sur les modalités :
-Qui se chargera de cette aimable proposition, qui sera quand même fortement contraignante et traumatisante (« si vous n’acceptez pas, vous ne bénéficierez que d’une allocation minimum, c’est à dire que vous n’aurez accès à aucun établissement convenable ») ?
-La personne interrogée sera-t-elle en possession totale des ses facultés pour répondre ? La période de perte d’autonomie consiste ou s’accompagne souvent d’une déficience des facultés intellectuelles. On imagine la terreur qu’engendrera la proposition sur quelqu’un qui a appris peu avant qu’il était atteint d’un Alzheimer.

Ensuite, du fait de la nature même du recours
– une personne qui vieillit et pense à sa succession n’a bien souvent pas envie d’entamer son patrimoine, même à son profit. Dans la « prestation de dépendance » qui a précédé l’APA, il y avait un recours sur succession : 135 000 personnes seulement l’ont demandé, alors que c’est aujourd’hui un million de vieilles personnes qui bénéficient de l’APA. Les grands mères préféraient bien souvent être privés de secours que priver leurs enfants et petits enfants du fruit de ce qu’elles avaient gagné dans leur vie.
– Imagine-t-on aussi l’impact de ce recours sur les liens intergénérationnels ? J’ai conseillé au Sénateur Marini et aux membres de sa commission de (re)lire les romans de Mauriac. Croit-on que cela va faciliter ou agrémenter les visites des enfants à la vieille personne si la question est posée de devoir vendre la maison au lendemain de la mort de la vieille dame pour pouvoir rembourser l’Etat ?

Enfin, j’ai fait remarquer au Sénateur Marini que sa majorité avait en juillet dernier abaissé les droits de succession en faveur des plus favorisés (c’est à dire élevé de beaucoup le seuil au dessous duquel on ne paye pas de droits de succession). N’aurait-il pas été plus favorable de les laisser tels qu’ils étaient et d’attribuer ce qu’ils rapportaient au financement du 5ème risque ?

La mesure envisagée aujourd’hui ne touchera en réalité que les plus petits patrimoines. Les personnes aisées n’auront pas -ou moins- besoin de l’allocation de l’Etat. Et, comme d’habitude, c’est la vieille dame qui a travaillé avec son mari toute sa vie pour acheter une petite maison, qui se verra proposer de la mettre en « viager d’Etat ». Et ses enfants devront vendre la petite maison, car ils ne pourront rembourser le viager.

Révoltant. Je l’ai dit poliment au Sénateur Marini sans réussir à le convaincre.

Suivi et Infogérance par Axeinformatique/Freepixel